Champagnole Une maison médicale, seul remède pour éviter la désertification ?

« Une condition indispensable mais pas suffisante pour attirer de jeunes médecins » selon les praticiens eux-mêmes.

Publié le : 15/10/2017 à 19:00
Face à une problématique nationale, la maison de santé rassemblera au moins sept généralistes, des paramédicaux, voire un laboratoire d'analyse et une pharmacie (photo d'illustration).
Face à une problématique nationale, la maison de santé rassemblera au moins sept généralistes, des paramédicaux, voire un laboratoire d'analyse et une pharmacie (photo d'illustration). -

Champagnole, maison médicale, médecins, désertification

Pour le docteur François Duverne (installé en 1979) comme pour ses confrères plus jeunes les choses sont claires : aucun jeune médecin ne s’installera à Champagnole tout seul en cabinet libéral. En cause, la qualité de vie mais aussi une féminisation croissante de la profession. Pour une mère de famille comme pour un diplômé fraîchement émoulu de la faculté de médecine, les journées à rallonge ou les vacances sporadiques n’ont rien d’enviables.

Une décision unanime

Les sept médecins généralistes visseront donc à l’unanimité leurs plaques sur leur nouvelle maison par « souci citoyen plutôt que pour leur intérêt privé » confie François Duverne. La majorité des médecins champagnolais sont en effet propriétaires de leur cabinet et n’ont pas de loyer à débourser, contrairement à la maison médicale ou il leur faudra partager des frais (occupation des locaux, secrétaire..). Certains, comme ce généraliste n’ont d’ailleurs pas de secrétaire, les rendez-vous étant en général pris via une plate-forme internet. De ce fait, les généralistes ont fait connaître à la communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura les plafonds de loyer envisageables pour eux, de même que leurs attentes en termes d’aménagement de leurs futurs cabinets.

« Ne pas être seul »

Selon François Duverne, l’Agence régionale de santé (ARS) aura aussi son mot à dire en contrepartie de subventions conséquentes qu’elle pourrait débloquer. Le médecin libéral ne souhaite toutefois, comme ses collègues pas tomber dans « l’étatisation » doublée de contrôles sur un projet d’établissement, ou autres évaluations quelque peu technocratiques. Selon Sylvie Buirey-Terrier, généraliste, la maison de santé permettrait aussi de « ne pas être seul » à double titre. Tout d’abord « face à la montée de la violence », avec les risques de prise à partie.

Un défi à relever

Mais aussi face aux départs en retraite à venir : même s’ils n’arriveront qu’à 65 ou 67 ans (et « même si on encourage les médecins à poursuivre » selon François Duverne), trois médecins frisent ou ont dépassé la soixantaine (les autres ayant la cinquantaine). Leur renouvellement constitue donc le véritable défi qu’aura à relever la future maison médicale. Un défi loin d’être gagné estime Michèle Pipart, allergologue proche de la retraite (62 ans).

« Quelle est l’attractivité médicale de Champagnole ? Quand je suis arrivée en 1989, il y avait un service de chirurgie, trois services de médecine (dont un pédiatrique), un gros pôle ORL et maternité à la clinique Saint-Joseph… ».

À ses yeux, même Lons n’est guère mieux lotie envers un numerus clausus asthénique durant de nombreuses années.

Toujours un médecin

Et envers la concurrence impitoyable des grands centres urbains, où les carabins où achevé leurs longues études. La future maison médicale devrait toutefois selon Michèle Pipart « permettre de toujours y trouver un médecin ». Une garantie précieuse pour les patients, en particulier durant les vacances. La pénurie de médecins se fait en effet aussi sentir chez les remplaçants, d’où l’intérêt de pouvoir peut-être partager leurs dossiers médicaux et leurs patients durant leurs absences ?

Stéphane Hovaere

39300 Champagnole

stephane.hovaere

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