Sécurité routière : la politique du bâton et du bâton

Point de vue. Est-ce que la répression routière qui s'accentue dans le Jura est la solution face à l'hécatombe ? Pas sûr...

Publié le : 12/10/2017 à 18:54
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Les radars et les contrôles se multiplient dans le Jura

Le Préfet du Jura est plutôt dépité. Ancien officier des pompiers, il est très sensible à la sécurité routière et réellement meurtri par les drames qu’entraînent les accidents de la route. Pourtant, rien ne semble y faire, bien qu’il multiplie les interventions et la présence des policiers et gendarmes sur le terrain et que, dans le département, les PV tombent comme à Gravelotte…

Malgré les mises en garde, malgré les menaces, malgré les radars, les Jurassiens semblent donc persister dans leur refus d’observer les règles et continuent à téléphoner, microbloguer ou textoter au volant, à ne pas mettre leur ceinture de sécurité, à boire et se droguer, rouler peut-être trop vite et couper les lignes blanches pour dépasser ceux qui lambinent…

Le résultat est terrible : 22 morts, 167 blessés depuis le 1er janvier. Et il serait peut-être temps de se demander pourquoi. Mais face à cette hécatombe, le Préfet ne voit qu’une solution : renforcer encore et toujours la répression. Il annonce donc davantage de contrôles pour les semaines à venir, quitte à agrandir un peu plus le fossé qui se creuse dans le pays entre les usagers et les forces de l’ordre, les gouvernants et les gouvernés.

Peut-être oublie-t-il dans son analyse que les enfants battus ne sont pas ceux qui écoutent et respectent le plus leurs parents ? Et que face à la répression, les gros rouleurs, ceux qui parcourent des centaines de kilomètres chaque semaine pour aller travailler, rentrent la tête dans les épaules en attendant que « ça » tombe ? Ou s’organisent… Sur Facebook, le groupe “Info Contrôle de Police du Jura 39″ compte ainsi près de 20.000 membres pour le seul Jura, qui signalent en temps réel les emplacements des contrôles et des radars, arrivant en renfort d’autres systèmes d’alerte sur smartphone comme Waze ou Coyote, davantage développés en zone urbaine, notamment sur Dole.

Au final, les 1,1 milliard d’euros escomptés par les caisses de l’Etat en 2018 pour les seuls radars automatiques, qui sanctionnent dans la grande majorité des cas de petits excès de vitesse, ne sont peut-être rien à côté du ressentiment qu’ils entraînent. Ni du coût humain et financier des nombreux morts et blessés de la route.

Mais ça, ce n’est qu’un point de vue…

Laurent Villette

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