4 janvier 2007 - 00h00Archives

Renée Villancher très touchée

Depuis Solntsevo, où nous lui avons appris la nouvelle, Renée Villancher a dit toute sa gratitude envers les lecteurs [...]

 

Depuis Solntsevo, où nous lui avons appris la nouvelle, Renée Villancher a dit toute sa gratitude envers les lecteurs de Voix du Jura.

« Merci beaucoup ! Bien sûr que ça me touche beaucoup ! Je suis très heureuse. Moi aussi je pense toujours à eux ! » C’était hier mercredi 3 janvier 2007 sur le coup de 12 h 30. Renée Villancher venait de comprendre – un peu mieux – ce que voulait dire « être élue jurassienne de l’année ». Il n’est pas certain toutefois qu’elle ait complètement mesuré la portée de cette désignation.
Nous avions déjà eu une courte communication mardi soir. A l’évidence elle ne comprenait pas non plus ce dont elle était l’objet. Après lui avoir fourni des explications sur cette tradition de faire choisir par les électeurs de Voix du Jura une personnalité dans un panel proposé, elle s’est laissé aller depuis son izba de Solntsevo à une expression plus enjouée. Mais Renée Villancher n’est pas accoutumée à nos subtilités d’occidentaux dans une société qui ne cesse d’élire des représentants de l’année, du monde des arts, des disciplines sportives, des miss et de temps à autre ses représentants de la population.
Toutefois, il fallait se garder de trop d’allusion au système politique, surtout au cours d’une aussi brève conversation m’avait recommandé Françoise Robardet. « Ne parle pas de Poutine et de tout ça , ça la remue encore trop ! » avait préconisé celle qui a créé le comité de soutien qui permit à Renée Villancher de revenir en pèlerinage sur les lieux de sa naissance (Cousance) , de son enfance (Orbagna) et de son adolescence (Lons-le-Saunier) en septembre 2003. Et qui s’est tout de suite liée à la vieille femme restée plus de 56 ans derrière le rideau de fer. « Petite sœur » lui écrit d’ailleurs régulièrement Renée depuis la Russie.
Une singulière découverte
Renée Villancher avait été « découverte » quelques mois plus tôt par Nicolas Jallot, un journaliste français effectuant un reportage pour un film documentaire et un livre destiné à paraître (1) pour évoquer le cinquantième anniversaire de la mort de Staline (mars 1953). Nicolas était donc parti à la rencontre de ceux que l’on avait appelé les « retournants », ces Français d’origine russe dont les familles avaient quitté l’empire des tsars à la révolution bolchevique (1917) et qui avaient cru aux sirènes du socialisme lancées à la fin de la guerre par Joseph Staline. Repartis vers le pays de leurs ancêtres, beaucoup y furent massacrés, enfermés ou ont difficilement survécu après que le rideau de fer soit tombé. A la fin de son reportage, Nicolas Jallot, informé de l’existence d’une Française dans l’immense ex-empire soviétique, était parti à sa recherche et avait rencontré Renée Villancher. Bien que totalement hors de son sujet (elle n’était pas retournante : amoureuse d’un soldat russe arrivé dans les effectifs de la résistance à Lons, et mère de son enfant) Nicolas l’avait intégré au documentaire, ce qui avait ému tant les jurés du festival du film historique que le président de la République Jacques Chirac.
Avant d’émouvoir également Françoise Robardet, adjointe au maire de Cousance à l’annonce de cette découverte (2) et par la diffusion du film « Piégés par Staline » en mars 2003. Réaction vive : Françoise Robardet montait un comité de soutien qui permettait, dès septembre de la même année, d’accueillir Renée Villancher dans le Jura pour un pèlerinage de quelques jours.
L’eau et le gaz
Renée Villancher qui en a toujours le projet ne devrait pas revenir en France en 2007. « C’est pas prévu pour cette année ! » Elle attend plutôt des visites. « Annie vient le 15 janvier » précise-t-elle. En fait, Annie va sur place pour être présente au moment où une équipe de télé se rend chez elle pour un reportage sur TF1. Renée Villancher s’est toujours montrée remarquable devant une caméra. Nicolas Jallot, qui l’a découverte après plus de 56 ans d’oubli dans l’Union soviétique, en a toujours été impressionné. Il n’en demeure pas moins que, après plus de cinq décennies de « cauchemar » (3), il s’agit d’une vieille dame affaiblie. « Mais grâce à Nicolas, Françoise, et à tous les amis de France, j’ai maintenant de l’eau et le gaz (4) », redit-elle avec gratitude. Elle a aussi le téléphone. « Et les enfants de l’école, grâce à moi et à Nicolas, peuvent maintenant parler avec les petits Français ». Internet a été installé à l’école de Solntsevo !
« Tout ça, c’est grâce à Nicolas ! A Françoise ! Aux Jurassiens . Dis leurs que je les remercie mille fois. Je les aime pour le restant de mes jours. Je pense à eux toujours. Et puis, n’oublie pas de dire merci de ma part pour m’avoir choisie et une bonne et heureuse année à Tous ! »

René Tribut

NB : Un nouvel ouvrage sur Renée Villancher aurait dû paraître en 2006. Sa sortie a été retardée en raison notamment des difficultés que connaît l’édition.

1) Piégés par Staline, de Nicolas Jallot. Editions Belfond, 2002
2) Quand Jacques Pélissard a transmis la demande de Renée Villancher rapportée de sa première rencontre : une demande de certificat de naissance
3) Cauchemar est le terme employé par Renée. Notamment lorsqu’elle évoqua son destin à Jacques Pélissard au pied de la Tour de l’Horloge. Le député, maire de Lons, qui venait de l’accompagner dans une visite poignante rue des Ecoles et à Saint Désiré, l’accueillait à l’Hôtel de ville quelques minutes plus tard.
4) En particulier grâce aux droits d’auteur de Ma Vie Volée, de Renée Villancher, ( Ed Belfond) . Nicolas Jallot qui a écrit ce récit a concédé la part la plus importante de ses droits.

Pourquoi ils ont voté pour elle
Christine Joussot, de Port-Lesney
« J’ai son livre de Renée Villancher et pu regarder le reportage que France 3 lui a consacré. J’admire cette femme. J’ai été extrêmement touchée par son courage. J’ai d’ailleurs voulu la faire connaître en Bretagne, où j’ai envoyé un exemplaire du livre. Elle mérite d’être élue Jurassienne de l’année. Et je crois que, si elle recevait Voix du Jura pendant une année, cela lui ferait très plaisir. ».

Chrisitane Prost, de Plasne
Cette fidèle lectrice a placé Renée Villancher en tête de son choix : « J’ai lu son livre et son histoire m’a vraiment touchée. Elle a eu une vie très dure et c’est une chance qu’elle ait pu revenir dans le Jura aux côtés de sa fille. En second, j’ai voté pour Céline Dubois qui offre des week-ends aux enfants malades et à leurs parents. Et puis, Franck Paget que j’ai suivi au moment des Jeux paralympiques. »

René Platret, de Ruffey-sur-Seille
« C’est toujours difficile de désigner une personne alors qu’on ne connaît pas forcément toutes les autres, mais pour mon épouse, et pour moi, Renée Villancher est largement au-dessus du lot. Son histoire nous a beaucoup émus. Cette jeune fille amoureuse qui reste coincée dans un pays inconnu et tombe totalement dans l’oubli… L’élan de solidarité qui lui a permis de regagner la France est magnifique. »

Marie-Thérèse Futin, de Présilly
« Je me suis beaucoup intéressée à Renée Villancher. J’ai lu un livre, vu un reportage à la télévision et tous les documentaires la concernant. Elle a eu un destin et une vie pas facile ».
« J’ai voté pour trois femmes, mais c’est le hasard. Céline Dubois parce que je trouve qu’elle défend une belle cause et Brigitte Métra, architecte de la Commanderie. Je trouve que c’est une belle réalisation ».

Le classement :
1. Renée Villancher avait quitté le Jura pour rejoindre son mari au lendemain de la guerre. Elle n’avait jamais revu son pays natal jusqu’à l’intervention d’un comité de soutien. Un destin peu ordinaire

2. Le Père Philippe Adellon a été nommé vicaire général du diocèse

3. Franck Paget, triathlète, skieur biathlète handisport de Saint-Laurent, a participé à ses premiers JO à Turin.

4. Céline Dubois, présidente fondatrice de l’association “Nathan, graine de soleil” pour l’accueil d’enfants malades.

5. Jason Lamy-Chappuis, de Bois-d’Amont, a participé à ses premiers JO où il s’est classé 4e au combiné nordique

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