ONF : l'unité territoriale de Censeau gère 9 000 ha de forêts publiques

Cécile Cambrils et les neuf agents forestiers qui travaillent sous sa coupe produisent plus de 66 000 m3 de bois chaque année : charpentes, boites de Mont d'Or, maladies en détail.

Publié le : 01/04/2017 à 19:50
Cécile Cambrils réalise une opération de martelage : en premier lieu, elle mesure le tronc de l'arbre, avant d'apposer un poinçon.
Cécile Cambrils réalise une opération de martelage : en premier lieu, elle mesure le tronc de l'arbre, avant d'apposer un poinçon. -

Forêts. ONF. Mont d’Or.

« La forêt est globalement en bonne santé ». Ainsi Cécile Cambrils présente-t-elle l’unité territoriale de Censeau dont elle est la responsable au nom de l’Office national des forêts, soit une surface forestière de 9000 ha. Elle est à la tête de neuf agents forestiers, chacun d’eux ayant à sa charge environ 1000 ha.

Sur ce deuxième plateau du Massif jurassien, l’altitude varie entre 800 m et 1200 m. La forêt domaniale de la Joux occupe 2600 ha, tandis que les forêts communales couvrent les quelque 6400 ha restants. Une particularité toutefois : dix communes de la Haute-Joux sont regroupées au sein d’un syndicat intercommunal de gestion forestière, « ce qui est assez rare ».

Ces forêts sont composées pour moitié de résineux (sapins et épicéas à parts égales) et pour l’autre moitié de résineux et feuillus (des hêtres en grande majorité, mais aussi des érables, des tilleuls, des frênes…). « Notre mission est de faire en sorte dassurer la protection de la forêt, la production de bois et laccueil du public. Ces trois rôles sont imbriqués », explique Cécile Cambrils.

Charpentes et boîtes de Mont d’Or

Le rôle de protection des forêts est particulièrement important, notamment au niveau des périmètres de captage d’eau potable. Les agents forestiers, au moment des exploitations forestières, s’assurent qu’il n’y ait pas de pollution, ni chimique, ni minérale (comme la turbidité due à la présence de sédiments dans l’eau). La protection concerne également le grand tétras.

Chaque année, la production d’arbres coupés s’élève en moyenne à 30 000 m3 dans la forêt domaniale et à 36 000-37 000 m3 dans l’ensemble des forêts communales. Les plus petits des résineux, dont le tronc mesure de 10 à 15 cm de diamètre, sont destinés la « trituration » afin de produire de la pâte à papier ou des panneaux d’aggloméré. Les troncs de 25 à 30 cm de diamètre partent pour le sciage au profit de la menuiserie (une unité de transformation, la scierie Chauvin, est établie à Mignovillard). Les plus grands arbres deviennent des charpentes, et les plus beaux sont utilisés dans l’ébénisterie. Les bois de moindre qualité servent à fabriquer des caisses de transport et des palettes.

Enfin, pour l’anecdote, Cécile Cambrils fait remarquer qu’une partie des boîtes de Mont d’Or sont fabriquées à partir des épicéas de qualité de la forêt de la Joux, de même que les sangles qui entourent ces mêmes fromages. « Les sangliers prélèvent laubier. Lépicéa doit mesurer plus de 60 cm de diamètre et ne présenter aucun défaut. »

Equilibre

Mais avant l’ultime étape de la coupe des arbres, les agents forestiers auront pris soin de la forêt, au fil des saisons. L’une des activités, le martelage, s’étend pratiquement sur l’ensemble de l’année. Il s’agit de repérer les arbres destinés à la coupe et de les marquer à l’aide d’un poinçon. Les programmes de coupes, prévus dans le plan d’aménagement forestier, sont réajustés chaque année, de même que le programme annuel des travaux est établi pour être soumis dès janvier aux communes quand elles sont parties prenantes. Dès l’aval des conseils municipaux obtenu, les ouvriers forestiers peuvent s’atteler à la tâche. Les travaux ont alors pour but d’assurer le renouvellement naturel de la forêt, par des opérations de dégagement, de nettoiement, par exemple l’enlèvement des ronces ou des noisetiers envahissants. Quant aux plantations, « elles ont lieu surtout dans la forêt domaniale de la Joux. Chaque année, elles sont effectuées sur une superficie de 10 à 15 ha. Il sagit essentiellement de résineux, et surtout dépicéas ». Les bûcherons, eux, sont recrutés de la fin août jusqu’à la fin mars, et l’été sur les cantons d’altitude. Ainsi les forêts communales trouvent-elles un renouvellement équilibré de 15 % à 20 % de leur surface tous les vingt ans, dans le cadre d’un document de gestion établi (ce taux est de 30-35 % pour la Joux).

Scolyte et chalaria

Mais si la Joux et les forêts communales se portent bien dans l’ensemble, elles doivent faire face aux aléas de la nature. Le changement climatique a par exemple ses incidences. Les sécheresses sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Conséquence : les attaques de parasites comme le scolyte s’avèrent plus fréquentes. Ce qui entraîne une surveillance intense entre mars et juin, de manière à déterminer les coupes précoces des arbres touchés. Les petites tempêtes ont elles aussi tendance à se répéter, entraînant des chablis. Toutefois, elles ne font pas toujours de dégâts. Enfin, un autre ennemi est le chalaria, champignon qui s’installe dans les frênes. « Mais nous sommes assez épargnés grâce à laltitude », indique Cécile Cambrils. Toutes ces données sont prises en compte dans le plan de gestion.

L’ONF prend soin, enfin, de l’accueil du public, en assurant l’entretien de sites aménagés. À apprécier, en ce printemps naissant.

Annick Cousin

stephane.hovaere

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