TF 1 et France 2 pour une retransmission des cérémonies de Londres puis de Paris, cinq documentaires sur France Télévisions, la radio, les magazines, des numéros spéciaux, des livres, des DVD… le 70e anniversaire de l’Appel du 18 juin est célébré avec un faste particulier. Qui vient confirmer le goût de notre pays pour l’exercice commémoratif.
Pas question, bien sûr, d’oser contester l’importance capitale de ce moment historique. Quelque chose est né ce jour-là, c’est une évidence. Mais comment ne pas être frappé par le grand vent de nostalgie qui en émane ? Comme si notre époque éprouvait furieusement l’envie de « style » et de « grands hommes ». De ceux qui, à un moment donné, ont su courageusement dire non et influé le cours de l’Histoire.
Elle apparaît si lointaine cette époque où un Premier Ministre avouait n’avoir rien à offrir que « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». De nos jours, il se trouverait quelque conseiller en communication pour lui expliquer que ces mots sont suicidaires. Voyez la peur actuelle de prononcer le simple mot « rigueur ». Mot tabou, indécent, porteur de risque de défaite électorale ! De nos jours, les « grands hommes » ont appris à obéir aux lois du spectacle; ils peaufinent leur image, polissent leur discours, font risette chez Drucker, scrutent chaque matin les derniers sondages, fignolent la petite phrase. Et, oui, nous laissent fort nostalgiques.