593, 27 euros par mois : c’est le montant moyen de la pension de retraite d’un Jurassien en décembre 2008, sans prendre en compte les régimes complémentaires (Arrco et Agirc). Il est parmi les plus bas des huit départements de la région Bourgogne-Franche-Comté. Il est inférieur à celui de la Haute-Saône (613 euros). Cette différence pourrait s’expliquer par un moindre niveau de qualification des salariés, donc des salaires moins élevés et par conséquent des cotisations plus basses. « La Franche-Comté compte plus d’anciens ouvriers et moins de cadres ayant cessé leur activité que d’autres régions, notait l’Insee en 2006. Le niveau des retraites y est aussi moins favorable ». Autre disparité, « la pension moyenne des femmes demeure inférieure de 38 % à celles des hommes ». Parce qu’elles ont moins cotisé et que les qualifications sont plus basses.
Toujours est-il qu’en dépit de ces disparités régionales, selon une étude du Comité national des retraités et personnes âgées (CNRPA), les revenus des personnes âgées sont en baisse sur l’ensemble du territoire de l’Hexagone. Même si le phénomène est globalement difficile à cerner, le système français se distinguant par une grande variété d’intervenants. Trente-cinq organismes de retraite obligatoire (base et complémentaire) gèrent les régimes des salariés du secteur privé, du secteur public, des fonctionnaires hospitaliers, des commerçants, les artisans, les professions libérales.
Toutefois, cette instance consultative regroupant les organisations et associations représentant 13 millions de retraités et personnes âgées a estimé que la perte de pouvoir d’achat était de « 10 % entre 1994 et 2004 ». « Depuis, cette perte s’est encore aggravée », assure le Comité. Pourquoi ? « A cause de la hausse de prix des produits de première nécessité (produits alimentaires, énergie, eau, loyers, transports, services) » et « à cause des charges nouvelles dans le domaine de la santé (forfaits, franchises, déremboursements) ». Le CNRPA estime encore que la suppression de l’exonération partielle de la redevance télévisuelle et la suppression de la prestation sociale de l’aide ménagère à domicile pour les anciens fonctionnaires, au 1er janvier 2009, participent encore à cette dégradation du pouvoir d’achat. « L’augmentation de 1,1 % des pensions de retraite au 1er janvier 2008 et 0,8 % en septembre ne rattrape pas le retard, précise-t-il. L’étude de l’augmentation des prix est faite sur la base d’un indice qui ne reflète pas les besoins de la personne ».
Cette érosion du pouvoir d’achat des retraités ne touche pas seulement la retraite de base mais concerne aussi les régimes complémentaires Arrco et Agirc. Selon la Dress (Direction de la recherche, des études et des statistiques) du ministère de la Santé, l’évolution du pouvoir d’achat net des retraites de ces régimes est négative de 0,7 % par an en moyenne pour l’Arrco et de 1,1 % pour l’Agirc au cours des années 1993 à 2003. L’érosion du pouvoir d’achat pour les retraités de la fonction publique serait de même ordre. Toutefois, selon le site Info-retraite.fr : « En valeur corrigée de l’évolution annuelle des prix à la consommation hors tabac, le montant moyen servi aux retraités est resté stable entre 2003 et 2006 ». La population des retraités est très hétérogène et ceux qui ont pu accumuler du capital l’utilisent parfois pour faire face à une perte de revenus. Mais pour le CNRPA, il est indispensable de revaloriser l’ensemble des pensions, en particulier les plus basses « afin qu’aucune ne soit inférieure au Smic ».
Minimum vieillesse : femmes isolés ou ex-agriculteurs
Créé en 1956, le minimum vieillesse est une allocation versée sous condition de ressources. Elle peut être attribuée à toutes personnes âgées de 65 ans et plus (60 ans en cas d’inaptitude au travail.) Son montant était de 7537 euros par an en (628 euros par mois) au 1er janvier 2007. Depuis le 1er janvier 2007, le minimum vieillesse a été remplacé par l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), « prestation unique et différentielle ».
La population qui bénéficie de cette allocation est en général très âgées et essentiellement féminine, selon l’Observatoire des retraites. Ce sont souvent des personnes isolées, veuves, célibataires ou divorcées et d’anciens agriculteurs.