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Devoir de mémoire
Noms oubliés
Dans les lycées, les collèges où il m’arrive de donner des conférences je pose souvent aux élèves les questions suivantes : « Que signifie pour vous le nom de Shoah ? » et « Quels événements se sont passés à Auschwitz ? » Selon le nombre de mains qui se lèvent, je sais immédiatement si cette partie de l’histoire du monde a été traitée ou non dans la classe où j’interviens. Je dois dire que malheureusement dans certains établissements ces sujets ont été très peu évoqués. De toutes les époques, la Shoah a pourtant été le pire exemple de barbarie que l’humanité a offert depuis le début de son existence. A Auschwitz en Pologne où on vient de célébrer le soixante-cinquième anniversaire de la libération du camp, un million cent mille personnes ont été massacrées puis brûlées dans les fours crématoires après avoir subi les pires sévices de la part des nazis. Parmi les victimes, un million étaient de confession juive, les autres russes, tziganes, homosexuels… A Dachau, à Buchenwald et dans des dizaines d’autres camps qu’il ne faut pas oublier, des millions d’autres êtres ont subi le même sort. Antisémitisme Lorsque je tente d’expliquer ces drames épouvantables les élèves me posent toujours les mêmes questions : « Comment de telles horreurs ont-elles pu se produire à cette échelle ? » Je leur parle bien sûr d’Adolf Hitler le monstre fondateur du Parti National Socialiste qui fût à l’origine de cette tragédie. Je leur apprends comment, dans “Mein Kampf”, l’ouvrage qu’il avait écrit avant sa prise de pouvoir, il définissait déjà le destin qu’il comptait réserver aux Juifs, à certaines races qu’il considérait comme des sous-hommes et à ses opposants. S’il a mis en pratique toutes ses idées, il n’a pu le faire qu’avec de nombreux complices, en Allemagne, en Europe mais aussi en France. Voici par exemple ce qu’écrivait en 1937 dans “Bagatelle pour un massacre” Louis-Ferdinand Céline, écrivain antisémite notoire (que certains intellectuels contemporains dévoyés tentent aujourd’hui de réhabiliter) : « Un seul ongle de pied pourri de n’importe quel vinasseux Aryen vautré dans son dégueulage vaut encore cent mille fois davantage que cent vingt-cinq mille Einstein debout, tout dérétinisant d’effarante gloire rayonnante. » Ce sont de semblables écrits orduriers qui ont incité, dans notre pays, tant d’individus à adhérer aux partis collaborationnistes et à devenir les auxiliaires de l’occupant dans la lutte que les résistants menaient contre les nazis. Un très beau film Puisque je viens d’évoquer la Résistance, je tiens à signaler le travail remarquable que les élèves du collège Aristide-Briand de Lons-le-Saunier viennent de réaliser sous la direction du principal de l’établissement et de leurs professeurs. Il s’agit d’un film d’une durée de 1 h 28 intitulé “Les sœurs Bergerot”. Cette œuvre audiovisuelle a été suggérée par M. Raymond Aubrac pour rendre hommage à ceux qui, dans le Jura, furent, comme lui, des combattants de l’ombre. Les collégiens lédoniens ont interviewé de nombreuses personnes de la région de Bletterans qui ont connu les dames Bergerot, lesquelles accueillirent dans leur maison de Villevieux, au péril de leur vie, des dizaines de personnalités de la résistance traquées par la Gestapo et la police de Vichy. Ce film d’une très haute tenue historique sera projeté pour la première fois en public au Carcom de Lons-le-Saunier le dimanche 7 février à 14 h 30. 05/02/2010 André Besson |
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