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le marché d l'eau ?
Eau : quelle politique ont choisie les communes du Jura pour sa gestion ? Selon Philippe Clapé, délégué régional de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, les zones karstiques sont un peu délicates.
Quels sont les enjeux quantitatifs en matière d’approvisionnement ?
Dans le Jura, il n’y a pas de gros problème au niveau quantitatif. On a quelques soucis dans la répartition des usages de l’eau dans la plaine de Bletterans, entre la quantité disponible et les usages qui en sont faits. Il faut adapter les activités à l’approvisionnement. Sur le reste du département, les problèmes de sécheresse ont peu d’impact et il n’y a pas de gros problème de ressource, même si certaines périodes d’étiage sont un peu délicates. Il peut y avoir aussi quelques petits problèmes dans les zones karstiques quand les sources s’assèchent. Dans ce type de situation, on peut intervenir en élaborant un diagnostique eau et proposer des solutions, par exemple pour éviter des pertes ou des fuites de la ressource en eau.

Et au niveau qualitatif ?
La problématique est les captages à protéger. Les zones souterraines sont en bon état. Il n’y a pas besoin de traitements poussés pour obtenir de l’eau potable.
Toutefois, sept captages ont été inscrits au Grenelle de l’environnement... Il s’agit de prévenir les pollutions diffuses. A Villevieux, près de Bletterans, il y a des problèmes de pesticides. Les captages des Thopes (Tavaux), les puits d’Asnans-Bonvoisin, de Bel Air (Villers-Farlay), les sources de Besançon (Montagna-le-Reconduit), les sources de la Doye à Montagna, Mont Freillon (Moiron) et Largillay sont dans ce dispositif.

Quels sont les avantages ou inconvénients à être en régie ?
C’est un choix stratégique. Cela dépend de ce qu’on veut faire. Une commune seule peut avoir des difficultés à réaliser certains investissement. Par contre, en gestion déléguée, la collectivité n’a pas à payer le personnel. Un choix de mode de gestion (directe, intermédiaire ou déléguée à une structure privée) peut également correspondre à des techniques comptables. Environ 45 % des communes du bassin Rhône-Méditerranée-Corse ont choisi de déléguer la gestion de l’eau à un prestataire privé.  Selon la loi, les communes au-delà de 500 habitants doivent avoir un budget autonome, c’est-à-dire en équilibre en dépenses et en recettes. Dans tous les cas, c’est le maire ou le président de syndicat qui fixent le prix de l’eau. Le prix de l’eau en régie est en général moins cher que dans un autre système.

L’eau est-elle chère dans le Jura ?
Dans le département du Jura, le prix de l’eau est en moyenne de 2,87 euros le mètre cube. Il est donc légèrement inférieur à la moyenne du bassin Rhône-Méditerranée et Corse qui est de 2,89 euros. D’après la loi sur l’eau qui a commencé à s’appliquer en 2008, les services de l’Etat au sein de la DDEA (Direction départementale de l’Equipement et de l’Agriculture) vont mettre en place un observatoire du prix de l’eau.
Quel est sommairement le rôle de l’Agence de l’eau ?
Selon les lois de 1964, 1992 et 2006, elle gère la problématique de la ressource en eau, de la pollution et de l’état du milieu aquatique... Les Agences ont été créées en 1969.  Elles perçoivent des redevances payées par ceux qui utilisent l’eau et la polluent. Elles versent aussi des aides, par exemple aux collectivités locales pour construire des stations d’épuration des eaux usées. Elles interviennent aussi financièrement pour la mise aux normes de bâtiments d’élevage et la restauration des milieux aquatiques.
Propos recueillis par Christophe Marchal

2, 87 euros par m3
Le prix moyen de l’eau dans le Jura était de 2,87 euros en 2007, 2,58 en 2005, 2,33 en 2001. Soit en dessous de la moyenne qui est de 2,89/m3. Il existe du reste de fortes disparités régionales dans le prix payé par le consommateur dues à l’abondance et à la qualité de la ressource, à l’importance des investissements réalisés en matière de potabilisation et d’assainissement...
En 2007, la fourniture eau en elle-même représentait 46 % du tarif de l’eau potable toutes taxes comprises. L’assainissement représentait 34 %, les redevances 13 % et les taxes 5 %. En 1999, la part de l’assainissement et des taxes était inférieure de deux points. Le consommateur règle sa facture à la commune, au regroupement intercommunal (communauté de communes) ou au distributeur d’eau privé.l  

01/10/2009 La rédaction
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