Manifestation : les Sanclaudiens s’invitent au Conseil départemental

Pour la défense de l'hôpital, des habitants du Haut Jura se sont invités, ce matin, à la séance du Conseil départemental. Pour un débat parfois houleux...

Publié le : 06/11/2017 à 10:25
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Ils avaient prévenu le président vendredi : une belle délégation de Sanclaudiens et de hauts jurassiens se sont invités au Conseil départemental, ce lundi 6 novembre, pour dénoncer le plan hôpital qui entraînerait, notamment, la fermeture de la maternité.

Dans son allocution, le président du Comité de défense a voulu exprimer « la colère du personnel, des habitants et des élus » face à « la fermeture arbitraire d’une maternité de niveau 1 » et a dénoncé « les décisionnaires irresponsables » avant de rappeler que dans le haut Jura, l’hélicoptère ne peut voler que deux jours sur trois. Et d’illustrer son propos par une anecdote : « ce week-end, les urgences de Champagnole étant fermées, trois VSAB de Champagnole faisaient la queue aux urgences de Lons. Or, il y a 11.480 passages par an aux urgences de Saint-Claude. Imaginez, le jour où elles seront fermées, ce qui se passera sur Lons… »

Bien conscient du problème, le président du Conseil département, Clément Pernot, s’est défendu « d’être complice de ce que le Gouvernement veut mettre en place sur le département ». Et de dénoncer « le rouleau compresseur » en face duquel les élus ne pèsent pas : « on ne peut pas vouloir faire des métropoles de niveau mondial et trouver des moyens pour la ruralité. Résultat, nous sommes un peu en difficulté ». Et de conclure : « soyez assurés du soutien total de l’équipe départementale. On vous soutient dans votre combat pour sauver la maternité et la chirurgie et si on peut comprendre qu’il y ait des volontés de regroupements, on se retrouve sur la nécessité de maintenir un système de santé publique pour tous les Jurassiens. »

Mais face aux défenseurs de l’hôpital demandant le « maintien de l’existant », le président du Conseil départemental botte en touche : « Je ne suis pas parlementaire, je n’ai pas de solution… » Le ton est alors monté. Et devant le mutisme de Marie-Christine Dalloz, députée de la circonscription et conseillère départementale, la foule a vite demandé sa démission… Très discrète, Mme Brulebois, députée LREM, n’a pas non plus pris la parole. Mais de retour en séance, elle a fait le reproche à Clément Pernot d’avoir reçu, à 10 heures, heure prévue de la séance plénière, les Sanclaudiens. Elle a vite été renvoyée dans les cordes : « les gens sont venus envahir l’assemblée départementale, c’était une manifestation et les choses ont été cadrées afin d’éviter tout débordement. C’est pourquoi j’ai décidé, à 10 heures, d’aller discuter avec eux (…) Si vous ne faisiez pas de fausses promesses, les choses se passeraient différemment.»

De son côté, le maire de Dole, Jean-Baptiste Gagnoux, a déploré que « les responsabilités des décisions de l’Etat retombent peu à peu les élus locaux ».

Après le Conseil départemental, la cortège devait se rendre devant la Préfecture du Jura.

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Laurent Villette

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