Morez Logo : un projet de scop pour reprendre l'activité

A l'issue de la table ronde organisée ce matin à la mairie de Morez, les salariés de Logo ont indiqué explorer toutes les pistes pour éviter la fermeture, même la reprise en SCOP.

Publié le : 29/09/2016 à 16:16
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Ils ont un mois pour s’organiser et déposer un dossier de reprise, mais restent plutôt optimistes. Réunis à la mairie de Morez ce jeudi matin avec des représentants de la ville (Jacqueline Laroche), de la région (Frédéric Poncet) et de la communauté de communes Arcade (Gérard Bonnet), les salariés de Logo ont expliqué qu’ils étudiaient toutes les pistes pour sauver l’entreprise. Y compris une reprise par le biais d’une société coopérative.

« Ainsi, les salariés reprennent en main leur avenir », a résumé Sébastien Mignottet. Et si les représentants de Tag Heuer n’étaient pas présents, le dialogue n’est pas pour autant rompu : « ils n’ont pas encore reçu notre lettre recommandée, mais quand le courrier leur est arrivé par mail, ils ont tout de suite pris contact. Pour l’heure, pour une question de procédure, ils préfèrent que l’on passe par l’intermédiaire de l’administratrice judiciaire, mais la porte n’est pas fermée. Notre objectif est d’arriver à une solution pour éviter la catastrophe annoncée. »

Capacité à innover

Dans le Jura, pour le moins, tout le monde a bien conscience que perdre Logo serait une catastrophe. « Logo excelle dans sa capacité à innover, à être force de proposition sur le marché. C’est une pépite de l’industrie lunetière Jurassienne, on ne comprend pas que cela puisse disparaître », estime Frédéric Poncet. « Marie Guite Dufay a écrit à l’administratrice judiciaire pour expliquer que l’environnement de l’entreprise est sain, et que les salariés sont dans un état d’esprit constructif ». La Région s’engagerait d’ailleurs à aider les repreneurs, dans le cadre de sa compétence économique : « elle peut apporter un soutien financier, en versant des avances remboursables, elle peut aider au plan d’investissement, et elle peut accompagner les formations et qualifications du personnel. Et si l’entreprise devait être reprise par ses salariés en SCOP, la Région peut aussi proposer un accompagnement spécifique. »

Bien sûr, la perte des licences Tag Heuer et Fred (les deux marques LVMH) serait un coup dur pour l’entreprise, dont le volume d’activité a déjà fondu de 50 % ces derniers mois, mais trois grandes marques, dont les produits sont encore au stade du prototype, Mc Larren, Rossignol et Boeing, ont annoncé qu’ils suivraient le repreneur. Et si Leica s’est retiré, Alain Afflelou aurait par ailleurs garanti une charge de travail. « Il y a une donc possibilité de sauver l’entreprise, même s’il reste une marche entre la phase du prototype et la mise en production », insiste Sébastien Mignottet, qui aimerait cependant que la situation de Logo trouve un plus large écho dans les médias nationaux : « Morez c’est un bassin de vie, mais c’est aussi la capitale internationale de la lunette. C’est un produit dont la France doit être fière. »

Demain, vendredi, les représentants du personnel de l’entreprise seront reçus par le Préfet du Jura, à Lons-le-Saunier. Et lundi, le personnel se réunira en assemblée générale pour faire le point et envisager l’avenir. « Quelle que soit la solution retenue, une partie des salariés s’attend à rester sur le carreau. Mais tous les postes qu’on arrivera à sauver sont des victoires ! », conclut Sébastien Mignottet.

39400 Morez

Laurent Villette

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