Hauts-de-Bienne Logo: les salariés licenciés demandent chacun 100 000 euros à LVMH

78 ex-salariés de Logo ont assigné le groupe LVMH devant le Tribunal de grande instance de Paris. Ils réclament une indemnité de 100 000 euros chacun pour leur licenciement.

Publié le : 22/03/2017 à 10:51
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Avant la fermeture de l'entreprise, les salariés de Logo mobilisés contre la fermeture

La liquidation de Logo n’en finit pas de faire des vagues. Et mardi 21 mars, c’est devant le Tribunal de grande instance de Paris que c’est ouvert un nouveau volet de l’affaire. Soixante-dix-huit anciens salariés de Logo (sur 172) ont en effet décidé d’assigner le groupe de luxe LVMH, propriétaire de Tag Heuer, l’accusant d’avoir créé la « situation de dépendance économique » qui a été fatale au lunetier du Jura.

Dans son argumentaire, l’avocat des salariés, Me David Métin, a avancé que la marque Tag Heuer représentait, ces dernières années, 90 % du volume d’activité de Logo, pour 10 % pour Fred, autre marque détenue par LVMH, et que dans ce cas, il n’y avait pas la possibilité de travailler pour une autre marque. Donc, « quand Tag Heuer a décidé de se retirer, six mois plus tard, les chiffres ont brusquement chuté, ce qui montre la dépendance économique » a-t-il argumenté avant de demander une indemnisation à hauteur de 100 000 euros par salarié.

Pour la défense du groupe de luxe, Me Bremont a estimé qu’au contraire, s’il y a eu dépendance, c’est bien de LVMH par rapport à Logo. Ce qui se serait d’ailleurs traduit par la disparition pure et simple des lunettes Tag Heuer du marché depuis la liquidation de l’entreprise morézienne. Et d’évoquer une « mauvaise gestion » de Logo pour expliquer la situation avant de rappeler que « Tag Heuer a soutenu Logo en maintenant la licence plus longtemps que tous les autres ».

Une fabrication sous licence

Dans le Jura, cette nouvelle procédure judiciaire est suivie avec intérêt par les lunetiers. Qui sont assez sceptiques sur ses chances d’aboutir. « Tag Heuer n’était pas vraiment client de Logo, en ce sens que Logo ne fabriquait pas les lunettes en sous-traitance pour Tag Heuer. En fait, Tag Heuer a donné une licence d’exploitation de sa marque à Logo, qui concevait, fabriquait et distribuait les lunettes en son nom. Les problèmes de Logo étaient connus, et Tag Heuer a mis plusieurs fois l’entreprise en garde sur des choses qui n’allaient pas avant de se retirer, s’agissant notamment du paiement des droits de la licence. Logo savait que la licence Tag Heuer allait être perdue, la dernière fois, elle n’avait d’ailleurs été renouvelée que pour un an… »

Reste que ce sont bien les salariés de Logo qui ont fait les frais de ce désastre. Et dix d’entre eux seulement auraient retrouvé du travail depuis la liquidation, selon Me David Métin. Ils sont donc fondés à demander des comptes. D’ailleurs, une autre procédure suit son cours au tribunal des Prud’hommes de Lons-le-Saunier, avec une audience de conciliation prévue le 25 avril à 13 heures. La décision des juges parisien devrait, elle, être rendue le 30 mai.

39400 Hauts-de-Bienne

Laurent Villette

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