Logo : difficile attente entre espoirs et déceptions

Mardi, il n'y avait toujours pas de repreneur pour Logo. Si l'entreprise devait être liquidée, 28 entreprises sous-traitantes seraient également impactées dans le Jura.

Publié le : 06/10/2016 à 18:03
Jeudi à Morez, les salariés de Logo présentent quelques-unes des montures haut de gamme réalisées pour Tag Heuer et Fred
Jeudi à Morez, les salariés de Logo présentent quelques-unes des montures haut de gamme réalisées pour Tag Heuer et Fred -

Chez Logo à Morez, on souffle le chaud et le froid. Avec cependant plus de froid que de chaud. Ainsi, mardi, à la date limite prévue pour les dépôts des dossiers, aucune offre de reprise de l’entreprise n’avait été enregistrée par le tribunal de commerce. Mais dans le même temps, il se murmure qu’un repreneur local pourrait finalement être intéressé et, insistent les salariés, « la porte de Tag Heuer n’est pas totalement fermée ». Lors de leur rencontre avec le Préfet, lundi dernier, celui-ci a en effet promis de faire son possible pour qu’une rencontre puisse avoir lieu entre Tag Heuer et les salariés de Logo. « Car si on devait aller à la liquidation, nous avons toujours notre projet de Scop pour essayer de limiter la casse », explique Sébastien Mignottet. Une Scop qui ne se bâtirait pas sur la reprise de l’entreprise, mais en marge de celle-ci, en s’appuyant sur les compétences et savoir-faire de ses employés. « Une trentaine de salariés sont venus à la réunion d’information sur la constitution d’une Scop, qui pourrait être constituée avec le soutien des opticiens qui apprécient la qualité Logo. »

Chômage partiel

En attendant, l’atelier ne tourne plus que trois jours par semaine, les lundis, mardis et mercredis. Le reste du temps, les locaux sont désertés et les portes fermées à double tour. Pour les salariés, l’attente est longue, difficile à vivre. « L’annonce de mardi en a assommé plus d’un, le moral en a pris un coup, mais les gens restent mobilisés, décidés à ne pas laisser mourir Logo et la lunetterie du Jura. » Alors, même si les représentants du personnel sont un peu agacés par le manque d’écho que suscite leur situation au niveau national, ils rongent leur frein : « on n’est pas à l’abri d’une offre de dernière minute d’ici le 2 novembre… » Mais on sent bien que le silence autour de Logo leur pèse, à côté du « barouf » fait pour Alstom. « Le cas a été évoqué au ministère du redressement productif. La réponse a été « on en a entendu parler, mais sans plus ! » La députée Marie-Christine Dalloz n’est pas intervenue à l’Assemblée nationale lors des questions au Gouvernement, estimant que ce n’était pas un sujet national. Pourtant, Morez reste la capitale de la lunette, c’est un savoir-faire Français, un produit dont la France doit être fière ! Et derrière nous, il y a 28 entreprises sous-traitantes qui seraient touchées par la liquidation de Logo, et 1.2 million d’euros de créances qui vont impacter le Jura. Si le stock est important, sa valeur ne permettra pas de payer les dettes sociales et les fournisseurs. »

Mais pour Frédéric Poncet, le conseiller régional qui suit le dossier de près, les salariés de Logo ont tout intérêt à rester patients et confiants : « les sous-traitants de Logo sont suivis par la CCI et la Région a été sollicitée pour un accompagnement spécifique. Les salariés de Logo méritent aussi d’être accompagnés, mais dans l’industrie du luxe, les choses se font dans la discrétion, rien ne se fera dans l’agitation. »

Alors oui, les salariés de Logo aimeraient se faire entendre davantage. Mais ils le font savoir calmement. Ce jeudi, en présentant aux journalistes des montures haut de gamme réalisées dans les ateliers de Morez pour Tag Heuer et Fred, ils disaient encore et toujours leur envie de continuer à travailler pour les marques de LVMH : « nous sommes des gens fidèles et intègres. Mais nous nous défendrons pour notre outil de travail et nos emplois jusqu’au bout. »

Laurent Villette

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