Leclerc de nouveau candidat à l’installation d’un magasin à Dole

L’enseigne s’est porté acquéreur de 8 hectares situés à la sortie de Dole, sur le territoire de Crissey.

Publié le : 13/11/2008 à 09:20

Bientôt un Leclerc à Dole ? Le groupe de grande distribution vient de signer un compromis de vente afin d’acquérir les terrains situés sur la commune de Crissey, peu avant l’entrée de Villette-les-Dole le long de la route de Dole à Parcey.Ces terrains représentent une surface totale de 8,5 hectares. Les responsables de Leclerc annoncent qu’ils n’ont pas l’intention de créer une quatrième zone commerciale. A côté du futur hypermarché, d’une surface de vente de 5 000 mètres carrés, il n’y aurait qu’une station service. « Pour tenir compte de la demande formulée par les commerçants locaux », la galerie marchande ne serait que de petite dimension (150 à 200 mètres carrés). On y trouverait par contre un espace dédié à la culture : livres, disques, vidéo, jeux… afin, selon les promoteurs du projets, d’« apporter une offre complémentaire, qui manque actuellement sur Dole ».

« On est des gens tenaces »

La venue de Leclerc à Dole  a déjà été évoquée à plusieurs reprises au cours des années passées. L’enseigne avait, il y a dix ans, déposé un premier dossier pour s’installer à Crissey. Elle n’avait toutefois pas pu obtenir l’aval nécessaire de la commission départementale d’équipement commercial (CDEC). Et la commission nationale avait rejeté son recours. Elle avait fait une seconde tentative sur la zone de Brevans, qui s’est également soldée par un échec. « On est des gens tenaces », souligne Daniel Prunier, propriétaire des hypermarchés de Lure et Vesoul. Le président de la société coopérative Leclerc dans l’Est de la France affirme la volonté de son groupe d’être présent également dans le Jura : « Nous sommes une enseigne d’indépendants. Si on vient à Dole, c’est parce qu’on estime que le potentiel existe ». Le leader français du secteur de la grande distribution, présent dans la région à Pontarlier et Beaune, a d’ailleurs également un projet d’implantation à Auxonne, où il resterait toutefois dans la catégorie des supermarchés.

Deux ans pour faire aboutir le projet

A Crissey, les compromis de vente signés avec la douzaine de propriétaires actuels, parmi lesquels la commune (elle possède une parcelle de 20 ares convoitée par le distributeur), prévoient que les terrains sont mis à disposition pour une durée de 24 mois. « Si tous les feux sont au vert, ça peut aller très vite », promet Daniel Prunier.Ce dernier entend, toutefois, rester très prudent. Si la phase d’acquisition des terrains est désormais achevée, « il ne s’agit que d’un projet », insiste-t-il. Car, pour mener celui-ci à bien, Leclerc a désormais besoin de l’appui des élus locaux, dont le pouvoir en matière d’urbanisme commercial a été renforcé par la récente loi de modernisation de l’économie. 

Charles Berthet, maire de Crissey : « C’est l’enseigne la moins chère »

Charles Berthet, maire de Crissey, est favorable à l’arrivée d’un centre commercial Leclerc sur le territoire de sa commune. Son conseil aussi : la délibération portant sur le principe de la vente d’une parcelle communale à Leclerc a été adoptée avec 13 voix pour et 2 abstentions.Pour la commune, l’arrivée de Leclerc signifierait un apport significatif de taxe sur le foncier bâti. Si, au contraire, le projet devait être rejeté, le plan local d’urbanisme en cours d’élaboration pourrait revoir le classement des terrains concernés en terres agricoles, divisant alors leur valeur par sept ou huit.L’élu avance aussi pour argument la défense du pouvoir d’achat : « Ça créera plus de concurrence, et donc la possibilité pour les consommateurs d’obtenir des articles meilleur marché, d’autant que Leclerc est la grande surface la moins chère ».Charles Berthet rappelle que, il y a dix ans, « en CNEC, on était très près du oui ». Le refus qui avait, alors, été opposé à la venue de Leclerc lui semble d’autant plus injuste que, depuis, « les agrandissements accordés à Casino, à Cora ou à Intermarché représentent une surface équivalente à celle que Leclerc demandait. Pourquoi refuserait-on à Leclerc ce que les autres s’autorisent ? »Reste que, avec trois hypermarchés Cora à Choisey, Casino sur la zone portuaire (qui procède actuellement à des travaux à l’intérieur de son bâtiment afin d’étendre la taille de son magasin) et Intermarché aux Grandes-Epenottes, l’offre est déjà particulièrement abondante. Selon les statistiques nationales, la grande distribution dispose déjà sur le bassin dolois d’un nombre de mètres carrés de surface de vente par habitant supérieur de 60% à la moyenne nationale.

Benoit Ingelaere

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