Arbois Le phylloxéra du XXI siècle : 300 hectares de vignes AOC à traiter

La flavescence dorée : un bien joli nom pour une maladie mortelle et incurable qui ravage les deux tiers des vignobles français. A Arbois, on se prépare au pire...

Publié le : 31/03/2017 à 19:50
1 Hervé Ligier, président de la société de viticulture d'Arbois, montre ses ceps impactés. 2 Les ceps malades sont condamnés à une mort certaine.
1 Hervé Ligier, président de la société de viticulture d'Arbois, montre ses ceps impactés. 2 Les ceps malades sont condamnés à une mort certaine. -

Vignes. Maladie. Epidémie.

L’hiver est passé, mais la menace est toujours là, au sein de 28 parcelles situées sur Arbois et Montigny- les-Arsures: la cicadelle attend l’été pour déployer de nouveau ses ailes et poursuivre ses ravages. Depuis le communiqué préfectoral du 7 décembre 2016 qui s’est abattu comme un coup de foudre sur le vignoble d’Arbois, c’est désormais une certitude : tous les vignerons de l’AOC Arbois devront redoubler de vigilance pour éviter que la flavescence dorée gagne du terrain. Et 300 ha sur les 850 ha que compte l’AOC sur Arbois devront même être traités par des insecticides.

La réussite sera collective

Une mesure drastique, ordonnée par la préfecture, mais totalement assumée par la société de viticulture d’Arbois et son président Hervé Ligier : « « Cela ne se fera pas de gaieté de coeur, car les insecticides ont disparu peu à peu de nos vignes ces dernières années. On a l’impression de revenir en arrière, mais on ne peut pas faire autrement ». Le vigneron donnera l’exemple, puisque 70 ares sur ses 10 ha de vignes sont hélas infectés. « Il faut prendre ce problème très au sérieux. La réussite de cette lutte sera collective ». Tous les viticulteurs dans cette zone de 300 ha devront traiter, sous peine de faire capoter toute l’opération. Fort heureusement, un consensus était dans l’air lors de l’assemblée générale qui a eu lieu le 29 mars.

« Chacun prend ses responsabilités, car chacun sait que c’est un mal pour un bien » ajoute le président.

L’exemple malheureux de la Bourgogne est dans toutes les têtes : faute d’une détection précoce, tout le vignoble sans exception a du être traité. En Arbois, le mal a été pris à la racine. Heureusement, car tout le vignoble d’Arbois et tout le vignoble du Jura y serait passés…

Des stocks au plus bas

Du côté des consommateurs en revanche, pas de crainte à avoir : « Les ceps malades ne produisent plus » argumente Hervé Ligier. Pour les (nombreux) viticulteurs bio, un insecticide « bio » existe : le pyrèthre. Autre fait marquant dans les vignobles d’Arbois : le manque, voire la rupture de stocks. « 2013, 2014 et 2015 ont fourni de mauvaises vendanges, 30 % de raisins en moins par rapport à la moyenne », ceci malgré un vignoble en hausse raisonnable (35 à 40 ha de plus/ an) et alors que les vins d’Arbois s’exportent bien. Heureusement, 2016 a permis de rectifier le cap, malgré des ravages dûs cette fois au mildiou et à des pluies diluviennes jusqu’à l’été. La société de viticulture d’Arbois qui gère l’appelation AOC d’Arbois pourrait aussi toiletter le cahier des charges de celle-ci : rétention de l’eau (bandes enherbées, rangées moins longues, etc) ou réduction des traitements phyto-sanitaires.

« Le développement des maladies peut être modélisé avec quelques jours d’avance grâce à des outils très pointus. Avant, on traitait systématiquement, donc parfois trop, ou parfois trop peu.

Désormais on pulvérise la bonne quantité au bon moment ». Une grande avancée qui sera doublée d’un grand évènement : le passage du Tour de France en Arbois le 8 juillet 2017. Une pyramide de tonneaux, des dégustations et d’autres surprises pourraient attendre la caravane…

Stéphane Hovaere

39600 Arbois

stephane.hovaere

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image