Dole Le mystère des perles de Mandeure

Une exposition au musée de Dole prolonge tout l'été le colloque qui a réuni 200 spécialistes de l'âge de fer au Manège de Brack.

Publié le : 03/06/2017 à 08:59
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Joëlle Rolland, étudiante en doctorat à l'université Panthéon - Sorbonne, devant les perles en verres sur lesquelles elle a révélé la présence d'inscriptions.

En quoi les Gaulois croyaient-ils ? A défaut d’écrits, les archéologues en sont réduits à confronter leurs hypothèses. Ce fut le cas lors du 41e colloque de l’association française pour l’étude de l’Age de Fer qui se déroulait à Dole pendant le week-end de l’Ascension.

Le thème de ces rencontres annuelles était les sanctuaires. Pendant trois jours, deux cents chercheurs ont assisté aux communications de leurs confrères venus faire part de leurs travaux sur l’architecture des lieux de culte, les objets qui y ont été mis à jour et de ce que cela peut suggérer quant aux rites pratiqués.

Excursion à Bibracte

Ce colloque fut l’occasion pour le ministère de la Culture de saluer les travaux de John Collis, professeur à l’université du Winchester, à qui fut remis la médaille de chevalier dans l’ordre des arts et lettres. Il a, explique Marie-Jeanne Lambert, ancienne conservatrice en chef du patrimoine du Département du Jura et secrétaire générale de l’Afea, joué un rôle de premier plan dans l’avancement des connaissances sur lle mode de vie des populations en Europe au cours de la période qui va du 8e au Ier siècle avant notre ère : « Il a mené des recherches sur le terrain en Grande-Bretagne mais aussi en France, notamment en Auvergne ».

Cette distinction lui a été remise sur le site de Bibracte, au Mont-Beuvray, où les participants au colloque se sont rendus le jeudi. Une incursion bourguignonne dont le but était, pour les chercheurs bisontins chargés de l’organisation de l’événement, de marquer leur inscription dans le nouveau cadre des grandes régions. D’où aussi le choix de Dole, à mi-chemin entre les deux pôles de la nouvelle université de Bourgogne – Franche-Comté.

Des traces de travail à froid

Ancien professeur à l’université de Besançon, président de l’AFEAF de 1996 à 2007, Alain Daubigney a mis au jour un sanctuaire gaulois à Champdivers. Mais dans la région, pour la période étudiée, les sites les plus remarquables sont Mirebeau-sur-Bèze en Côte d’Or et Mandeure dans le Doubs. L’intérêt pour ce dernier site fut évidemment considérable à la suite de la découverte, en 1886, de près d’une tonne de monnaies gauloises fondues. Mais c’est à partir de bagues en verre, revendues en 1909 au Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain en Laye que Joëlle Rolland, étudiante en doctorat à l’université Panthéon-Sorbonne, a récemment fait une découverte inattendue.

Elle ne s’est pas contentée d’observer les objets mais en a aussi étudié la composition du verre et cherché à savoir comment ils ont pu être fabriqués. Elle a ainsi repéré des traces de travail à froid et, sur sept des 356 perles étudiées, révéler la présence d’inscriptions, lettres ou runes. « Ce peut être du lépontique ou du gallo-grec », explique la jeune femme, à qui reste aussi à percer un autre mystère : comment se fait-il qu’il y avait dans le même dépôt un mélange de pièces datant début du IIe siècle et d’autres plus récentes ?

Ces sept perles de verres inscrites de Mandeure figurent parmi l’exposition intitulée ”Celtes, découverte récentes en Bourgogne Franche-Comté” coproduite par le musée des beaux-arts de Dole et l’université de Bourgogne – Franche-Comté. Cette exposition a été inaugurée ce vendredi 27 mai dans le cadre du colloque de l’AFEAF ; elle est à voir jusqu’au 27 août.

Entre libre. Plus d’infos : www.facebook.com/museedole

Lot de perles de provenant du dépot Mandeure (Doubs) - Coll. Musée de l'Archéologie Nationale, Saint-Germain-en-Laye.
Lot de perles de provenant du dépot Mandeure (Doubs) - Coll. Musée de l'Archéologie Nationale, Saint-Germain-en-Laye.

39100 Dole

Benoit Ingelaere

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