Le mystère de l'inconnue assassinée du Frasnois : un suspect interpellé et écroué

Le meurtre aurait été commis en Suisse par un frontalier Français de 30 ans. Mis en examen et écroué, l'homme nie les faits, mais les enquêteurs ont des éléments sérieux.

Publié le : 09/11/2017 à 17:27
L1330426.JPG
Lors de la conférence de presse, au Tribunal de Besançon

Il a aura fallu presque un an aux enquêteurs, ainsi qu’une coopération exemplaire entre les services de la gendarmerie franc-comtoise et ceux de la police du canton de Vaud (Suisse) pour résoudre l’affaire du meurtre mystérieux de la jeune femme dont le corps supplicié avait été retrouvé au milieu d’une forêt, au Frasnois.

La victime est une jeune femme Roumaine, âgée de 18 ans au moment des faits, peut-être liée à un réseau de prostitution. Bien que sur cet élément, les enquêteurs restent encore prudents, vu qu’elle n’était connue ni en France, ni en Suisse. L’auteur présumé du meurtre serait un frontalier français de 30 ans, domicilié dans le Doubs, lui aussi inconnu des services de police. Il a été interpellé en France mardi 7, présenté au juge d’instruction de Besançon ce jeudi 9 novembre dans la matinée, mis en examen et placé en détention provisoire.

Un meurtre en Suisse

Les faits se seraient déroulé en Suisse, sur un terrain vague situé à Sullens, commune de la banlieue de Lausanne, dans la nuit du 29 au 30 novembre 2016. « Vu qu’il nie les faits, il est trop tôt pour présenter un scénario », explique cependant le commissaire Buffan, de la police cantonale Vaudoise. La police pense cependant que l’homme aurait tué la femme puis transporté le corps jusqu’au Frasnois, dans le Jura. « C’est à dire assez loin du lieu des faits et de son domicile », précise la Procureure de la République, Edwige Roux-Morizot. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est qu’un bûcheron découvrirait le corps seulement 3 à 4 jours après qu’il l’eût abandonné dans cet endroit plutôt escarpé de la forêt, et que les enquêteurs de la gendarmerie du Jura mènerait, dès le début, des investigations scientifiques aussi poussée que minutieuses. Des investigations qui ont permis de découvrir deux tâches de sang, l’une sur le sol près du cadavre, l’autre sur le corps de la victime, « potentiellement celui de l’agresseur. »

Ni la reconstitution faciale, ni la diffusion du portrait robot n’auront en revanche fait avancer l’enquête… et ce sont des éléments recueillis côté Suisse, notamment la découverte d’une carte d’identité Roumaine par une promeneuse, qui ont permis d’identifier la victime, puis de remonter jusqu’à l’agresseur présumé.

Une enquête exemplaire

« L’identification certaine de la victime est également venu grâce à une coopération avec la police Roumaine, qui a retrouvé la mère de la jeune femme et fait le prélèvement ADN qui nous a permis d’être sûr. Ensuite, Français et Suisses se sont portés une assistance mutuelle »

Le lieu et la date du meurtre acquis, des deux côtés de la frontière les enquêteurs ont fait le tour des hôpitaux, pour voir si un homme n’a pas présenté ce soir là des blessures à la main qui pourraient correspondre aux violents coups portés pour dévisager la malheureuse. Et c’est en France qu’un service d’urgence a retrouvé la trace d’un homme : à partir de là, l’étau s’est resserré jusqu’à l’interpellation puis la comparaison positive des traces d’ADN trouvées sur la scène de crime et celui de l’homme. Mais aux enquêteurs, pour expliquer la nature de ses blessures, celui-ci a affirmé « avoir percuté un chevreuil, puis l’avoir achevé à coups de poing »…

L’enquête se poursuit donc, qui devrait permettre à un procès de se tenir en France, même si une partie des faits se sont déroulés en partie en Suisse. L’auteur, s’il en était reconnu coupable, pourraient encourir une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

Plus d’information sur le déroulement de cette enquête vous seront communiquée dans notre édition “papier” du 16 novembre

une-630x0.jpg

Rappelons que le corps de la malheureuse avait été découvert, en décembre dernier, par une équipe de bûcherons qui se rendaient sur un chantier en forêt de Le Frasnois, au lieudit Ilay en bordure de la RD 39, et que l’appel à témoin est longtemps resté vain.
Au départ, les enquêteurs ne disposaient que de peu d’indices. Un portrait robot réalisé l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) en trois dimensions ; des données ADN et un bijou fantaisie. Il savaient également que d’après l’autopsie, la victime avait reçu vingt-six coups de couteau, et que son corps dénudé avait été découvert dissimulé sous des feuilles mortes. Aucune trace de sang de la victime n’avait été découverte à proximité, laissant penser que le corps avait été transporté là par le ou les auteurs du crime. La mort aurait remonté à un délai de 4 à 7 jours avant sa découverte. Sans doute pour ralentir les investigations, la jeune femme avait été défigurée avant d’être abandonnée dans la forêt. Tous les os du visage ont été brisés et les dents de la victime cassées. Selon le procureur de la République de Lons-le-Saunier, il y a eu sans aucun doute “volonté de faire souffrir”.

Laurent Villette

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image