L’assassinat de Maxime Rigaud devant les assises
Proches et anonymes se mobilisent pour soutenir la famille.

Le 25 mai 2009, le corps sans vie de Maxime Rigaud était découvert par la gendarmerie doloise alertée par un pêcheur, entravé et lesté d’un parpaing. Rapidement diligentée, l’enquête menait à l’arrestation de deux suspects respectivement âgés de 20 et 24 ans. A partir de lundi et jusqu’à vendredi, la cour d’assises du Jura sera appelée à statuer sur cet épisode tragique amenant une famille damparisienne dans une tragédie qui n’a de cesse de la hanter.
D’ores et déjà, proches et anonymes se mobilisent pour soutenir la famille si durement éprouvée. D’une rencontre impromptue avec des amis et collègues, ressort un sentiment de soutien et d’incompréhension face à ce drame terrible qui sera la semaine prochaine devant les assises. Pour Cyril Roy, un ami de la famille, initiateur de la marche blanche qui a eu lieu le 17 octobre 2009, « en parler est un véritable déchirement et c’est pour cela que j’ai motivé toutes les personnes souhaitant s’impliquer dans cette tragédie qui laisse une famille anéantie. En côtoyant Pilou le père, Patou la mère ainsi que son frère et sa sœur, je vis un peu leur vie. A chaque visite malgré une jovialité de circonstance, je ressens leur mal-être, les non-dits, une façon de faire pour que la vie continue malgré tout, mais jamais personne n’est dupe, une marque indélébile plane sur la famille, comment rester paisible devant une telle épreuve, de tels actes de barbarie ?… ».
Claudette Roy des ressources humaines de la commune tavelloise a souvent l’occasion de converser aves Yves, le père dit Pilou, un employé modèle. Parfois, il se dévoile un peu. « J’ai senti en discutant avec lui un besoin d’être soutenu humainement, j’en ai fait part aux collègues de la mairie dont beaucoup n’osaient pas aborder ce drame par peur de voyeurisme malveillant. A la suite de cet appel sous-jacent, leur compréhension et leur approche du drame se sont faites plus clairement, les collègues ressentent dorénavant le besoin d’être présents et proches lors des futurs débats des assisses afin de soutenir la famille. Afin d’être présents, donner une journée de congé ou de RTT, c’est bien peu par rapport à ce que vit la famille quotidiennement. »
Au moins cent personnes mobilisées
Bien sûr au sein de la mairie, le maire, les adjoints et conseillers font bloc comme un seul homme et la majorité seront présents pour le procès lédonien. La famille quant à elle, si elle est impatiente de l’arrivée du procès, redoute celui-ci qui va les faire replonger dans l’horreur du drame. A travers les témoignages des amis, des proches on ressent un réel engagement, une sensibilité dans leurs témoignages, un sentiment d’inachevé, une plaie qui a du mal à cicatriser, mais rendez-vous est pris aux côtés de plusieurs associations qui souhaitent être présentes et solidaires pour le procès (association solidarité Maxime, le club de foot damparisien et le comité des fêtes tavellois). Une centaine de personnes au minimum se relaieront aux côtés de la famille. Tous souhaitent un dénouement, une réponse à toutes les questions qui demeurent en suspens afin qu’une famille si durement éprouvée puisse tenter une reconstruction et débuter un véritable deuil.


