Saint-Claude La vocation de la sous-préfecture de Saint-Claude est sous-tendue par les besoins de son territoire

Cela fait cinq ans que la sous-préfecture ne délivre plus de titres. Que se passe-t-il derrière les guichets désormais fermés ? Explications avec Laure Lebon, sous-préfète.

Publié le : 12/03/2017 à 11:15
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Pour Laure Lebon : les sous-préfets et leurs collaborateurs sont des « réducteurs de complexité » des problèmes et des procédures, en appui aux porteurs de projets, aux élus.

« Dans le cadre du Plan Préfectures Nouvelle Génération, le transfert aux communes de la délivrance des titres lancée en 2009 avec le transfert des passeports, est étendu cette fois aux cartes nationales d’identité. La délivrance des titres de séjour aux étrangers continue à être assurée par les préfectures, de même la remise des décrets de naturalisation. L’objectif est tout d’abord de recentrer les sous-préfectures dans leurs missions régaliennes que sont la sécurité et la protection des personnes, la gestion de crises, le contrôle de légalité des actes des communes. Mais aussi l’application des lois sur notre territoire, au plus proche des attentes propres à celui-ci en matière d’animation économique, de développement territorial, d’emploi et de formation, de santé ».

« Nous devons être des « réducteurs de complexité » des problèmes et des procédures. Cela passe par du travail de terrain : visites d’entreprises, rencontres régulières avec les élus pour un appui, des conseils et un accompagnement des dossiers. Cela a été le cas pour la reprise de la gestion de la Dôle par la Sogestar, ou encore l’an dernier avec Trans’Organisation pour obtenir l’autorisation d’utiliser le parcours de replis n°4 », rappelle Laure Lebon, sous-préfète.

Et de préciser fermement : « La sous-préfecture de Saint-Claude n’a jamais été en danger ! Le Ministère ne ferme pas de sous-préfecture dans les zones fragiles en milieu rural et en montagne. La configuration de notre territoire ne permet pas d’être jumelé avec un autre arrondissement, comme cela a pu se faire entre Nantua et Gex par exemple. Nous n’assurons plus l’accueil du public, sauf sur rendez-vous, mais l’équipe n’a pas changé. Les collaboratrices qui faisaient du guichet sont toujours là. Leurs missions ont évolué avec des montées en compétences ».

Dynamisme économique

Que ce soit en matière de sécurité, d’ordre public et de gestion des crises en prenant en compte la prévention d’un acte terroriste ; dans l’accompagnement des communes et des communautés de communes, mais aussi des associations dont nous assurons toujours le greffe, « dans l’autorisation de manifestations sportives, dans l’accompagnement des bailleurs à travers le suivi des locataires indélicats soumis à expulsion, dont nous coordonnons le suivi social ».

« Notre territoire est différent de l’arrondissement de Dole. Il a des spécificités qui lui sont propres. À Saint-Claude, nous devons prendre en compte le travail frontalier, l’activité ski, le dynamisme économique avec un fort ancrage industriel qui demeure. Avec des entreprises qui se portent bien malgré quelques accidents et une baisse des effectifs dans certains secteurs », poursuit Mme Lebon en insistant sur des axes importants à développer ; et ce avec l’implication de l’Etat.

Renforcer l’attractivité

Parmi ses chevaux de bataille, arrive en tête l’attractivité du territoire étroitement liée au tourisme (quatre saisons), mais aussi à toute l’activité économique. « Toutes les entreprises et les administrations du territoire ont des difficultés pour recruter du personnel. Il y a un vrai besoin que le Haut- Jura soit connu et reconnu. Il est en particulier indispensable de travailler sur l’emploi des conjoints qui viennent prendre des postes et sur l’insertion des nouveaux arrivants. J’attends beaucoup des élus qu’ils aillent taper à la porte de la Région, compétente en matière de tourisme avec les communautés de communes. J’adorerais voir le lancement d’une campagne de panneaux 4m par 3m dans le métro parisien pour promouvoir ce territoire autrement qu’avec la neige ».

Les Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2020

Avec le recul de deux années, Mme Lebon souhaiterait que l’on mette davantage en avant les atouts du Haut-Jura. « Lorsqu’on regarde l’activité industrielle, celle-ci est assurée par de nombreux sous-traitants, dont l’activité Made in Jura n’est pas suffisamment affichée. Il y a dans ces sociétés une haute technologie et un savoir-faire à mettre en valeur ». Et que l’on ne parle pas de territoire enclavé. « Allez voir à Brest ! », poursuit-elle en misant beaucoup sur les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2020 pour donner une tout autre dimension au territoire.

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39200 Saint-Claude

Monique Henriet

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