La grogne gronde toujours chez les ambulanciers jurassiens

En grève depuis plus d’un mois, les ambulanciers du Jura réclame une revalorisation des journées de garde départementale.

Publié le : 13/08/2017 à 10:17
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Photo d'illustration
Les ambulanciers jurassiens saturent. C’est du moins le message que ces derniers souhaitent faire passer avec une grève qui a débuté le 19 juin dernier et qui est suivie par de nombreux professionnels du secteur dans l’ensemble de la région Bourgogne-Franche-Comté. Une interruption du travail qui a débuté en Côte-d’Or, et qui s’est étendu dans le Doubs, en Haute-Saône. Le territoire de Belfort n’y participe pas encore et dans le Jura, 20 des 23 entreprises du département y prennent part. A l’oigine de ce mouvement, le paiement des gardes départementales imposées par la réglementation du transport sanitaire pendant lesquelles les entreprises d’ambulanciers sont sollicitées par le centre 15 (SAMU) pour intervenir auprès de certains patients. Ces gardes se font toutes les nuits de 20h00 à 8 heures et les samedis, dimanches et jours fériés de 8 heures à 20 heures. Les ambulanciers jurassiens ont décidé de ne plus répondre aux appels du centre 15 de 8 heures à 20 heures dans le cadre de cette grève.

Un déficit important d’après les ambulanciers

Les ambulanciers pointent du doigt la façon dont ils sont rénumérés pour ces gardes. Un système qui mettrait selon eux à mal leur équilibre financier. Ils dénoncent tout d’abord l’absence de revalorisation depuis 2003 de l’indemnité qu’ils touchent lors de ces gardes. Autre problème, sont comptés uniquement les kilomètres où la victime est prise en charge par une ambulance, avec une remise de 60 %. Si un véhicule de Lons-le-Saunier doit par exemple faire un aller-retour pour prendre en charge un patient d’Orgelet, seuls les 20 kilomètres du retour seront facturés auxquels seront soustraits 60 %, soit 8 kilomètres au final pour un trajet qui en faisait 40.
Enfin, les déplacements non suivis de transport (relevage de personne, bilan de santé) ne sont pas indemnisés.
Trois facteurs qui posent des problèmes financiers les sollicitations du SAMU sont de plus en plus nombreuses. Selon le communiqué fourni par les ambulanciers jurassiens, 33000 interventions ont été réalisées en 2009 en Franche-Comté à la demande du centre 15. Un chiffre qui serait monté à 61000 en 2016. Une augmentation qui peut s’expliquer par la mise en place d’une plate-forme logistique au niveau régional visant à « optimiser la recherche de moyens ambulanciers, grâce notamment à la géolocalisation » indique la missive des professionnels du transport sanitaire et d’ajouter « Le déficit pour la profession en Franche Comté estimé à ce jour par Agence Régionale de Santé (ARS) est de 2.5 millions d’euros par an ».

Plusieurs pistes envisagées

Du côté de l’ARS de Bourgogne France Comté, une volonté de sortir de cette crise est clairement affichée : « Nous sommes en lien étroit avec les ambulanciers depuis que le mouvement s’est déclenché » pointe Carole Cuisenier, responsable de l’unité accès aux soins urgents à la direction de l’offre de soins de l’ARS. « Les solutions pour les tarifs ne se font pas à l’ARS, mais au niveau national avec les représentants de la caisse d’assurance maladie. En revanche nous pouvons travailler à la réorganisation de ces gardes » explique Mme Cuisenier. « Il y a une réflexion à mener avec nos partenaires ambulanciers. Nous leur avons envoyé un courrier les invitant à nous faire part de leurs propositions pour une réunion que se tiendra en septembre. Il faut s’appuyer sur leurs connaissances à l’échelle locale » souligne-t-elle. Parmi les solutions qui pourraient par exemple être mises en place, on retrouve la suppression de lignes de garde qui mobilisent des équipages alors que le besoin n’est pas si important.

Mathieu Albertelli

Joffrey Fodimbi

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