Dole L'hopital de Dole fait le constat du manque de moyens qui lui sont alloués

La Cfdt s'est joint à la CGT pour dénoncer la menace qui pèse sur le maintien de deux lignes mobiles de secours la nuit.

Publié le : 16/02/2017 à 20:06
Dans leurs interventions, les porte-parole du personnel et des usagers se sont inquiétés de la baisse de la qualité de la prise en charge des patients.
Dans leurs interventions, les porte-parole du personnel et des usagers se sont inquiétés de la baisse de la qualité de la prise en charge des patients. -

Philippe Zante pour la CGT, Sandrine Bataillard pour la Cfdt, Laurence Bernier, maire de Frasne-les-Meulières, ont ce jeudi tour à tour pris la parole devant les membres du conseil de surveillance de l’hôpital de Dole afin de leur demander d’interpeller l’Agence régionale de santé (ARS) sur la diminution des moyens alloués à l’hôpital de Dole.

Une quarantaine de personnes, agents hospitaliers et usagers, s’étaient déplacées pour manifester leur inquiétude de savoir que, les moyens étant largement utilisés pour l’accueil des patients qui arrivent aux urgences, celles-ci ne seraient plus en mesure de dépêcher davantage qu’une équipe sur des accidents ou problème de santé nécessitant de nuit une prise en charge médicale hors de l’hôpital. Pour Philippe Zante, ce qu’il faut, c’est recruter un 3e urgentiste de nuit mais pas déplacer le problème en supprimant une des deux lignes de smur :

« S’il y a deux interventions en même temps, ce n’est pas la 3e ligne du CHU de Besançon qui ira au Deschaux ni l’hélicoptère blanc qui, en décembre, ne pouvait pas se poser à cause du brouillard… ».

« Qu’on remette en cause la sécurité sanitaire nous révolte », renchérit Sandrine Bataillard, pour qui la question essentielle est :

«Faire des économies, est-ce judicieux ? »

L’hôpital Louis-Pasteur dispose de deux lignes de Smur 24h / 24. La dotation qui lui est accordée en prévoit effectivement deux en journée, mais une seule de nuit. Or le nouveau mode de calcul de cette dotation, liée à l’activité, engendre une diminution de 38 000 euros. La polémique est née de la question posée par le directeur aux instances de tutelle sur le financement de la 2e ligne de nuit alors que, sauf aide exceptionnelle de l’ARS, l’établissement va afficher un résultat en déficit pour l’exercice 2016.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase

« La baisse des recettes de 38 000 euros est la goutte d’eau qui fait déborder le vase », explique Jean-Marie Sermier. Le maire de Dole et président du conseil de surveillance reste vague sur la décision d’une suppression de la 2e ligne de Smur au 1er avril comme l’affirment les syndicats. Il parle d’une « réflexion », légitime au nom de la bonne gestion de l’établissement. Fin décembre, le docteur Gibey avait mentionné un maximum de 60 sorties simultanées des deux équipes sur une année. D’après Jean-Marie Sermier la 2e équipe ne serait, de nuit, pas nécessaire plus de 40 fois par an. Au-delà du maintien du dispositif actuel pour les interventions de secours aux personnes, l’élu réclame pour l’hôpital un soutien plus appuyé de la part de l’autorité de tutelle :

« Je propose que le conseil de surveillance sollicite une révision des financements. Cet établissement joue un rôle extrêmement important pour le territoire, mais son avenir passe par des aides ».

Dans l’appel à la mobilisation, les syndicats avaient également souligné les difficultés rencontrées depuis le début de l’année pour faire face à une activité accrue en période hivernale. Philippe Zante et Sandrine Bataillard dénoncent les rappels de personnel en congé, l’ouverture de lits tampon, les interventions programmées qu’il a fallu repousser… « Le personnel ne peut pas soigner correctement s’il est en souffrance », dénoncent-ils. Une situation que, lors de la cérémonie des vœux, le directeur avait lui aussi évoquée en reconnaissant les fortes tensions engendrées par l’épisode de grippe à laquelle l’établissement venait d’être confronté.

39100 Dole

Benoit Ingelaere

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