L'euthanasie d'un chevreuil par Athénas déchaîne les passions

Le centre Athénas a dû procéder à l'euthanasie d'un chevreuil qui, élevé par un homme, ne pouvait plus être relâché dans la nature. Ce qui provoque une belle polémique...

Publié le : 13/09/2017 à 16:26
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Un faon de chevreuil ne doit jamais être ramassé. (photo : Mirkograul - Fotolia)

Une histoire de chevreuil déchaîne les passions. Le 10 septembre dernier, à Lombard, le centre Athénas a été appelé par la municipalité pour récupérer un chevreuil. Cet animal errant dans la commune, suivait des promeneurs qui l’ont attrapé sans difficulté et l’ont apporté au domicile du maire…

« L’examen de l’animal a permis de déterminer rapidement qu’il était totalement imprégné de l’homme », écrit le centre Athénas dans un communiqué : il ne reconnaissant pas son espèce, était complètement désinhibé par rapport à l’homme et, en conséquence, ne pouvait en aucun cas être relâché. Le centre a donc procédé à son euthanasie, « conformément à l’obligation qui nous en est faite par la réglementation », précise-t-il.

A la suite de cet événement, la personne qui a élevé cet animal durant près de trois mois a publié un texte jugé « diffamatoire » par l’association, et a donné lieu à de nombreux commentaires, là encore peu élogieux sur Athénas… Mais, se justifie l’association, « un animal élevé sans aucune précaution ne recherche que la présence de l’homme, et devient asocial pour son espèce. C’est-à-dire qu’en captivité, il est condamné à la solitude. » Et d’ajouter : « un faon de chevreuil ne doit jamais être ramassé. Sa stratégie de survie est de rester immobile et d’attendre le retour de sa mère après le départ de personnes qui s’en sont approchées. Certains particuliers refusent d’entendre ce discours et malgré nos conseils, ramassent et élèvent de jeunes chevreuils. L’histoire se termine toujours de la même manière. »

« Je n’ai pas eu le coeur de le laisser mourir »

« Il y a 3 mois on m’a déposé un faon de 2kg qui était orphelin. Je n ai pas eu le coeur de le laisser mourir et avec ma famille nous avons pris soin de cette petite chevrette », explique de son côté la personne qui a recueilli l’animal. « J’ai la structure pour lui procurer une belle vie en sécurité. Vendredi “bambi” a décidé de faire une petite balade dans le village. Et elle a croisé des gens qui ont appelé le Centre Athénas pour qu il ne lui arrive rien… »

L’homme estime que l’animal aurait pu vivre heureux dans son parc de 3 ha, et explique qu’il était prêt à demander en Préfecture une autorisation pour le récupérer « légalement », mais « trois jours après j’ai appelé pour avoir des nouvelles de notre faon et calmement on m a dit qu’elle avait été tuée conformément à la réglementation. Il est interdit de détenir un animal sauvage (…) Ces gens se permettent de vous dire qu ils ont tué un animal en bonne santé. J’ai honte pour eux !»

En conclusion, le centre Athénas qui revendique le fait de respecter la réglementation – qui consiste notamment à ne pas restituer un animal à une personne le détenant illégalement – a décidé de donner une suite judiciaire face aux propos qu’il juge diffamatoires qui ont pu être tenus.

Reste que les avis sont très partagés, avec de nombreux défenseurs de la cause animale qui déplorent la mise à mort de l’animal…

Laurent Villette

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