Champvans L’ancien policier qui avait tiré sur des gendarmes à Champvans jugé aux assises

En 2012, Christian Renard, ancien policier de 68 ans, était pris d’un coup de folie durant lequel, réfugié dans le sous-sol de son pavillon, il tira sur trois gendarmes.

Publié le : 16/02/2017 à 09:23
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C’est dans le sous-sol du pavillon que les échanges de coups de feu se sont produits entre Christian Renard et les gendarmes

C’est un fait divers qui avait fait grand bruit, et qui, durant trois jours, a été jugé à la Cour d’assise de Lons-le-Saunier. Le 20 octobre 2012, vers 18 h 30, pris d’un coup de folie suicidaire, Christian Renard s’enferme dans le sous-sol de sa maison de Champvans, après avoir fait sortir brutalement sa femme, accompagné de ces quelques mots : « Tout est fini ! » Prise de panique, sa compagne se réfugie alors chez des voisins, et tente de le joindre par téléphone à cinq reprises, en vain. Inquiète, elle décide alors d’appeler les secours, qui vers 19 h 40, arrivent au domicile de l’homme en peine.

35 coups de feu tirés

La patrouille de gendarmerie se fait alors expliquer la situation : celle d’un homme qui potentiellement à mis fin à ses jours, ou est sur le point de le faire. Prudents, les trois gendarmes pénètrent dans le domicile du couple, par une fenêtre restée ouverte à l’arrière de la maison. Les militaires signalent leur présence, tout en restant sur leur garde, dans une maison partiellement plongé dans le noir. Sommant l’ancien policier de se montrer à eux, ils obtiennent un refus d’obtempérer. Christian Renard leur indique être au sous-sol, et après un court échange, tire sur les gendarmes avec son fusil de chasse. Touché à la main et à l’épaule, le gendarme en première ligne fait tomber le pistolet à impulsion électrique qu’il tenait en main. À l’abri, lui et ses deux collègues ripostent et tirent cinq coups de feu en direction du forcené. S’en suit un second échange de tirs, qui poussera les gendarmes à battre en retraite. En tout, ce ne sont pas moins de 29 coups de feu qui auront été tirés par les gendarmes et 6 par Christian Renard.

Son pronostic vital engagé, le gendarme touché par balle sera héliporté vers l’hôpital de Besançon. Dans la maison, Christian Renard est resté seul à terre, le corps criblé d’une dizaine de balles, baignant dans son sang. Arrivés sur place entre temps, les hommes du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) se préparent donc à intervenir. C’est alors que Christian appel lui-même la gendarmerie, pour signaler aux forces de l’ordre son envie de se rendre. À bout de forces et gravement blessé, l’homme sera interpellé à 3 h 20, le dimanche 21 octobre, avant d’être soigné par les secouristes. Son pronostic vital engagé, il sera lui aussi transporté vers l’hôpital de Besançon, où il passera plusieurs jours, plongé dans un coma artificiel.

Dépressif à tendance paranoïaque

Depuis le lundi 13 février et durant trois jours, gendarmes, enquêteurs, témoins et experts sont passés tour à tour à la barre pour apporter leur analyse et vision de fait de l’événement. Dans le box des accusés, Christian Renard reste discret, diminué et fatigué par les blessures de cette tragique journée. À plusieurs reprises, l’homme est décrit comme courtois et serviable, bien que dépressif à tendance paranoïaque. C’est d’ailleurs un supposé problème de voisinage qui aurait entraîné ses envies suicidaires.

Face à cette personnalité trouble, les jurées ont donc eu à juger de la culpabilité de l’homme, qui était accusé de tentative d’assassinat. Une accusation face à laquelle l’avocat général avait requis, mercredi 15 février au matin, une peine de dix-huit ans de réclusion criminelle à l’encontre de Christian Renard. Le soir même la cours d’assise condamnait l’ancien policier à douze ans de réclusion criminelle assortie d’un suivi sociojudiciaire de six ans, retenant la préméditation de l’acte et l’altération du discernement de l’accusé.

39100 Champvans

Joffrey Fodimbi

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