Champagnole Hôpital : électro-encéphalogramme plat pour le service de médecine

Après le service de chirurgie, puis une réduction des urgences, voilà venu le tour de 31 lits de médecine. Et demain les soins de suite et de longue durée ?

Publié le : 21/04/2017 à 19:50
Deux étages et les blocs opératoires sont désormais vides...(photo d'archive).
Deux étages et les blocs opératoires sont désormais vides...(photo d'archive). -

Champagnole, santé publique, hôpital, médecine,

« 31 lits disparaîtront, c’est sûr » : pour Thierry Gazon, secrétaire Force Ouvrière (FO) pour la communauté hospitalière territoriale (CHT) Jura Sud, la messe est dite pour le service de médecine.

Selon lui, de lourdes menaces planent également sur les soins de suite et sur l’unité de soins de longue durée.

Des plaintes suites à des décès

Avec un impact non négligeable pour les usagers : « On diminue les services rendus en milieu rural », et en parallèle on allonge les temps de transport : « Des familles ont déjà porté plainte suite à un décès qu’elles estimaient dues à un éloignement excessif de l’hôpital ». Le syndicaliste s’insurge également contre le sort réservé à ses collègues : « 120 lits, soit l’équivalent de 400 postes seront supprimés dans la CHT Jura sud à l’horizon 2021 , ceci en raison du « pacte de responsabilité » : trois milliards d’économies doivent être trouvés sur les hôpitaux français ». Seule « consolation » éventuelle : le transfert des lits de l’Ephad En Chaudon et La Vallière à Lons, ainsi des soins de suite et de réadaptation (SSR) d’Orgelet.

Un lit au lieu de deux

Mais remarque Thierry Gazon, « ce transfert devait avoir lieu au 1er janvier 2017 », donc aura-t-il bien lieu ? « Et que vont devenir nos collègues infirmières ? Un pôle gériatrique emploie moins de personnel que des service de médecine, l’ARS (Agence Régionale de Santé) les incite d’ailleurs à un départ volontaire via des primes ». Enfin, quid des économies réalisées in fine ? « Les chambres de médecine à deux lits devront être transformées en chambre à un lit, d’où un coût important». Pour le syndicaliste, le constat est amer car l’hôpital serait démantibulé morceau par morceau  : « Lors de la fermeture de la chirurgie en 2008, on avait dit qu’on finirait en maison de retraite. On y est presque ! ». Olivier Perrin, directeur de la CHT Jura sud, n’a pas souhaité répondre à ces affirmations au prétexte de son « devoir de réserve préélectoral ». Autre maillon de la chaîne de soins, la caserne de sapeurs-pompiers de Champagnole. Le lieutenant Jérôme Guyon, commandant du centre de secours, dit «  réfléchir aux impacts de cette politique décidée par l’ARS. Pour l’instant, l’accueil des personnes prises en charge se fait toujours à l’hôpital de Champagnole, quand le médecin du SMUR est présent ».

Stéphane Hovaere

39300 Champagnole

stephane.hovaere

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