Glyphosate : les Jeunes agriculteurs dénoncent « la surréglementation »

Les Jeunes agriculteurs du Jura sont opposés à la décision de Nicolas Hulot d'interdire le glyphosate et demandent un délai de 5 à 7 ans pour permettre aux exploitants de s'adapter...

Publié le : 28/09/2017 à 10:45
Pour protester, les jeunes agriculteurs du Jura ont installé une banderole sur la D471 au niveau du carrefour Crançot-Vevy-Lons le Saunier.
Pour protester, les jeunes agriculteurs du Jura ont installé une banderole sur la D471 au niveau du carrefour Crançot-Vevy-Lons le Saunier. -

Pour les jeunes agriculteurs du Jura, « cest la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! » Face à la volonté de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, de voter contre la mise en marché du glyphosate, alors que le vote européen sur le renouvellement de ce produit est prévu dans quelques semaines et que les arbitrages français ne sont pas encore rendus, ils dénoncent « cette prise de position, qui va à l’encontre des logiques agronomiques et environnementales des exploitations » et « la surréglementation en agriculture ».

Complexité administrative

Pour commencer, il y a la mise en place de la nouvelle carte des zones vulnérables, pour répondre à l’actualisation de la « directive nitrate ». Pour notre département, cette zone concerne la zone base, en particulier les exploitations en polyculture élevage avec notamment l’obligation d’augmenter la capacité de stockage des effluents et la remise en cause, partielle ou totale, des itinéraires techniques culturaux. S’ajoute ensuite, une nouvelle carte des cours d’eau du département du Jura. Cette carte veut intégrer de façon exhaustive, l’ensemble des cours d’eau qui seront ensuite soumis à la réglementation en vigueur. « Le problème étant que, au-delà des cours d’eau permanents, déjà existant, et dont les agriculteurs ont respecté comme tels jusqu’à présent (mise en place de zone de non-traitement), l’administration souhaite ajouter aussi tous les linéaires pouvant être en eau une partie de l’année, tel que les « fossés de champs » qui sont parfois de simples raies de charrue. De plus l’interdiction d’entretenir ces fossés ou les lourdes démarches administratives nécessaires pour le faire sont un frein à l’entretien de notre territoire », expliquent les Jeunes agriculteurs. « Rappelons que ces surfaces ont été créées par les agriculteurs afin d’éviter les risques d’inondation des villages et des cultures sur certains secteurs. C’est donc un enjeu essentiel afin de préserver nos communes rurales. »

« Tout est contrôlé »

Par rapport à l’utilisation du glyphosate, « les agriculteurs, aujourd’hui, sont des chefs d’exploitation formés. Ils sont dans l’obligation de détenir le « Certiphyto » (certificat individuel pour les produits phytosanitaires). Ce certificat atteste avoir les connaissances suffisantes pour acheter et utiliser ces produits, comme le glyphosate, en sécurité et d’en réduire leur usage », soulignent-ils. « Chaque produit possède une autorisation de mise sur le marché européenne, soumise à la validation de chercheurs et scientifiques. Dans la profession agricole, l’utilisateur doit avoir un matériel normalisé, contrôlé tous les 5 ans, afin d’être le plus respectueux possible de la dose homologuée. Donc autant dire que tout est contrôlé ! »

Le glyphosate est un herbicide qui n’est pas utilisé sur les cultures alimentaires en France, contrairement à d’autres pays comme la culture du soja en Amérique du Sud. L’agriculture française le destine fois à la gestion des couverts végétaux présents entre deux cultures alimentaires. Pour les jeunes agriculteurs, « il présente de nombreux intérêts agronomiques, et particulièrement dans les systèmes en Techniques Culturales Simplifiées ou en conservation des sols ». C’est pour cela, et « vu du manque d’alternatives viables et des impacts économiques et environnementaux potentiels », qu’ils estiment que le renouvellement du glyphosate est nécessaire, souhaitant aussi un délai de l’ordre de 5 à 7 ans pour permettre aux exploitants agricoles de s’adapter et à la recherche publique et privée de trouver une alternative durable.

Laurent Villette

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