Gel des vignes : « la récolte sera largement affectée »

Les dégâts provoqués par le gel dans les vignes seraient très importants et pourraient entraîner 40 à 50% de pertes. A cette vague de froid s'ajoute également une sécheresse.

Publié le : 21/04/2017 à 16:08
L1300749.JPG
Même les célèbres vignes d'Arbois ont été frappées

On n’avait plus vu cela depuis 1991. Dans les vignes, chacun s’affaire à dresser le bilan des trois dernières nuits de gel et le constat s’annonce catastrophique pour les vins du Jura, avec des résultats très disparates selon les secteurs, mais des parcelles parfois sinistrées à 100 %. Ce n’est donc qu’en début de semaine prochaine que le CIVJ pourra établir un premier bilan.

L’épisode de gel s’est abattu sur le Jura dans la nuit de mardi à mercredi, avec, localement, des températures descendues jusqu’à -5°C, a été fatal aux bourgeons qui commençaient à sortir. C’est cette nuit-là que les dégâts les plus importants ont été constatés pour tous les domaines. Mais les nuits suivantes, de mercredi à jeudi puis de jeudi à vendredi, ont également été très froides, avec des températures négatives au lever du jour, qui ont amplifié le désastre. Les cépages précoces, comme le Chardonnay et les jeunes vignes, auraient été les plus touchés. Certains espèrent cependant que tous les bourgeons ne soient pas morts, et que la vigne pourra repartir.

Jusqu’à 40 ou 50% de dégâts

De nombreuses parcelles sont sinistrées à 100%
De nombreuses parcelles sont sinistrées à 100%

Dans tous les cas, la récolte sera largement affectée, a indiqué, jeudi, le Comité interprofessionnel des vins du Jura (CIVJ) où l’on estime que « l’on pourrait approcher les 40-50 % de dégâts ». La vigne n’a d’ailleurs pas été la seule victime de ce gel d’avril et dans les vergers et jardins aussi, des pertes de récoltes sont à prévoir.

La sécheresse inquiète aussi

Outre cette vague de froid, depuis plusieurs semaines, la France subit aussi une sécheresse. Dans le Jura, cela se mesure assez facilement du côté des cours d’eau ou de la source de l’Ain, qui s’est trouvée « désamorcée » à la mi-avril, mais aussi à la cote du lac de Vouglans, toujours très basse. Le 20 avril, les pêcheurs observaient qu’elle était au moins à 13,38 m en dessous de son niveau habituel. Et l’on ne pourra compter ni sur la neige, ni sur la pluviométrie et berne pour rattraper le déficit en eau.

Du côté des agriculteurs, cette sécheresse de printemps impacte le potentiel de rendement des céréales d’hiver et pénalise le développement des cultures, s’alarme Michel Portier, directeur général d’Agritel.

« La situation est à surveiller de près : l’état des blés tendres et des orges d’hiver est inquiétant. Le manque d’eau a provoqué un ralentissement de croissance et un jaunissement des cultures. Sans précipitation, l’azote, élément indispensable, ne peut être assimilé par la plante. »

Dans ce contexte, le froid et l’alternance de périodes de gel/dégel est un facteur préoccupant de plus pour les cultivateurs : « Au printemps, les températures inférieures à -4 degrés risquent de provoquer des gels d’épis et donc de limiter le rendement. Le colza subit des retards de croissance et des avortements de fleurs. Par manque d’eau, les maïs et les tournesols, tout juste semés, ne lèvent pas de manière homogène. Certains agriculteurs sont même contraints de retarder leurs semis de cultures de printemps. »

Le paysage baigné de soleil est finalement assez déprimant
Le paysage baigné de soleil est finalement assez déprimant

Laurent Villette

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image