La Mouille [RECIT] Cambrioleur abattu à La Mouille : l'agression du garagiste a été d'une rare violence

La légitime défense pourrait être retenue au bénéfice du garagiste qui, dans la nuit du 7 au 8 décembre 2016, a tué l'un de ses agresseurs à La Mouille (Jura).

Publié le : 08/12/2016 à 16:09
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Le drame a eu lieu dans la nuit du 7 au 8 décembre. Le procureur de Lons-le-Saunier pourrait retenir la légitime défense

« Les blessures montrent que les coups de feu ont été tirés à bout touchant, cela valide l’idée d’un corps à corps… » Si l’enquête a été ouverte pour « homicide volontaire », le procureur de la République de Lons-le-Saunier, Jean-Luc Lennon, pourrait retenir la présomption de légitime défense, en faveur du garagiste de 72 ans qui, cette nuit à La Mouille, près de Morez, a tué l’un de ses assaillants.

Réveil en sursaut

Selon les premiers éléments de l’enquête, les faits ont en effet été très violents. Et tout s’est passé très vite. Entre 2 et 3 heures du matin, le garagiste est réveillé en sursaut par un bruit de verre cassé. À peine a-t-il le temps de se lever qu’il se retrouve face à quatre hommes, gantés et le visage camouflé, munis d’une arme de poing pour l’un, d’une masse pour l’autre, de barres de fer pour les suivants.

« Ils ont tout de suite été très violents. »

« L’appartement se trouve au-dessus du garage, mais les lieux ne communiquent pas. Pour accéder au logement, il faut monter un escalier à l’arrière de la construction. En haut de cet escalier se trouve une porte en bois vitrée », précise le procureur.

C’est en brisant cette vitre que les assaillants ont pu pénétrer dans la maison. Ils ont passé le vestibule et sont directement allés à la chambre occupée par le garagiste et son amie. Sur qui ils sont tombés manu militari. « Ils ont tout de suite été très violents. L’homme a reçu des coups de poing, des coups de pied. Puis ils les ont fait mettre à genoux sur le lit. Madame a alors été extraite de la chambre et emmenée à la cuisine. Elle a tout de suite donné l’argent, qui se trouvait caché dans un bocal… 1 100 euros environ. »

Le garagiste a senti son agresseur tomber

Pendant ce temps, dans la chambre, l’un des malfaiteurs a continué à violenter le garagiste. L’homme, qui ne s’est pas laissé faire, s’est emparé d’une arme de 9 mm, cachée sur le dessus de l’armoire.

L’agresseur aurait tenté de le désarmer et un premier coup de feu est parti. Dans la chambre, la lutte se poursuit. Un second malfaiteur vient à la rescousse de son complice. Lui aussi essaie de s’emparer de l’arme et un second coup de feu part. Les deux autres arrivent et disent « on a ce qu’on veut »… C’est là que le garagiste a senti son agresseur tomber…

Ils reviennent sur les lieux

Les trois autres prennent alors la fuite. Mais reviennent trois ou quatre minutes plus tard sur les lieux, en tentant de se faire passer pour les gendarmes, « sans doute pour récupérer leur complice ». Mais entre-temps, le couple a eu le temps de refermer la porte au verrou. « Ils n’ont pas insisté, sans doute par peur de prendre un coup de feu ». Ils ont alors quitté les lieux, tandis que le garagiste prévenait les secours.

« Pour l’heure, on ne sait pas si ce sont les coups de feu ou la chute qui ont causé la mort de l’agresseur », reprend le procureur de la République. « L’homme présentait aussi une forte blessure à l’arrière du crâne, peut être liée à la chute. Il faudra attendre les résultats de l’autopsie pour savoir quelle est la cause exacte de la mort. »

Légitime défense

La femme, retenue dans la cuisine, n’a rien vu de la scène. Mais les récits du couple sur le déroulement des faits coïncident et semblent cohérents avec les constatations des enquêteurs. C’est pour cela que le procureur de la République pourrait retenir l’article 122-6 du Code pénal, qui prévoit la présomption de légitime défense « pour quiconque, de nuit, repousse une personne entrée par violence, ruse ou effraction dans sa propriété privée », et classer l’affaire sans suite… En attendant qu’il prenne sa décision, deux enquêtes ont été ouvertes par la gendarmerie : l’une pour « homicide volontaire », suite à la mort de l’agresseur ; l’autre pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime » et « vol en bande organisée avec violence et sous menace d’une arme ». Des faits criminels pouvant entraîner une peine de 30 ans de prison.

Le malfaiteur tué lors de la lutte n’a pas été identifié. Mais il s’agirait d’un homme âgé de 40 à 50 ans. Son autopsie devrait être pratiquée demain matin, vendredi 9 décembre.

39400 La Mouille

Laurent Villette

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