Dole Bilel Latrèche : « Celui qui gagne pourra viser un titre dans une fédération majeure »

Samedi 18 novembre à la Commanderie, le boxeur dolois Bilel Latrèche affronte le finlandais Janne Forsmann.

Publié le : 10/11/2017 à 18:44
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Ces dernières semaines, Bilel Latrèche s’est isolé à Besançon afin de se consacrer pleinement à la préparation de ce combat.

Bilel Latrèche a laissé entendre que ce serait son dernier combat à Dole. Ce samedi, il sera avec Janne Forsmann, champion de Finlande 2012, la tête d’affiche du gala organisé par le club de Vesoul à la Commanderie. L’ex-membre de l’équipe de France de boxe nous a reçu à Besançon, où il a établi son camp d’entraînement en vue de ce match au cours duquel il voudra, au moins symboliquement, effacer la défaite par KO que l’ukrainien Roman Shkarupa lui avait infligée en mars 2015.

Quel sera le programme de ce gala ?

Le public assistera à trois combats professionnels, dont deux avec des boxeurs franc-comtois. Le second sera Antoine Villedieu de Vesoul, ex-champion du monde de MMA. C’est notre McGregor… Il a disputé et gagné son premier combat de boxe professionnel le mois dernier. Le 3e combat peut être pour Nicolas Salsi, qui est de Grenoble, un tremplin en vue d’une participation au Tournoi de France ou à la coupe de la Ligue. Tous deux seront opposés à des adversaires tchèques.

Alors qu’on avait annoncé cinq combats amateurs, il devrait y en avoir sept, dont trois qui comptent pour la demi-finale du championnat de Franche-Comté. Il y aura un combat de boxe féminine et trois autres combats avec des adversaires de Bourgogne – Franche-Comté dont certains viennent pour préparer la finale du championnat de Franche-Comté.

Et pour vous, ce sera un combat à enjeu ?

Oui, mais pas l’enjeu que j’espérais. J’aurais dû combattre pour un titre international ou intercontinental d’une fédération majeure, WBA ou WBC, contre Janne Forsmann ou un autre boxeur. Mon agent a commis une erreur de délai, ce qui a permis à un autre boxeur de bloquer le titre. Il est prévu que ça se fasse, mais ça sera dans une autre ville et pas avant fin février ou mars.

Il y a quand même un titre en jeu, mais dans une fédération mineure, la ceinture internationale mi-lourds WBF en douze rounds de 3 minutes. On est deux champions, lui de Finlande et de la Baltique, moi deux fois champion de France et d’Europe IBF. Pour l’un comme pour l’autre, ce titre WBF est un titre honorifique, mais il donnera du crédit pour être challenger sur un titre d’une fédération majeure dans le courant 2018. Le perdant risque de se retrouver relégué au niveau national.

Ce sera donc un match à quitte ou double ?

C’est clair que si je perds, ça peut marquer un coup d’arrêt. Je viens d’avoir 31 ans. A l’entraînement, j’ai de bonnes sensations. Ces dernières semaines, j’ai quitté Dijon pour Besançon où j’ai organisé un camp d’entraînement afin de travailler matin et soir, de façon à être au top.

Vous l’êtes ?

Je suis revenu à mon meilleur niveau. Dans les semaines qui avaient précédé mon combat à Dole en 2015, j’avais eu beaucoup de soucis extra-sportifs et personnels [ndlr : parmi lesquels l’accident cardiaque de son entraîneur Marcel Giordanella]. Je savais en montant sur le ring que j’allais perdre. Depuis 2015, j’ai disputé six combats qui se sont soldés par six victoires dont le titre IBF Europe l’an dernier.

Quel type d’adversaire est Janne Forsmann ?

Forsmann a 34 ans, 30 combats, 22 victoires dont 16 par KO. Sur huit défaites, il en a subi deux contre des challengers mondiaux. Il est en fin de carrière mais il a été un très bon boxeur. Les Finlandais, comme les Irlandais, sont des boxeurs offensifs, des mecs vaillants, qui n’ont pas peur des coups. D’habitude, ma force, c’est plutôt la défense. A moi de déjouer ses attaques.

Vous êtes toujours sociétaire du club de Dijon ?

Non, je suis revenu à l’AGM Vesoul. J’ai voulu repartir avec Alain Pahon qui avait été mon premier entraîneur quand j’étais passé professionnel, et Francis Laurent son adjoint. J’ai constitué une petite équipe avec aussi un préparateur physique, un kiné et bien sûr un agent fédéral.

J’avais reçu une grosse proposition d’un entraîneur réputé, mais ça signifiait que je quittais la région. J’ai préféré un grand chez moi ici qu’un petit chez les autres où j’aurais été aspiré dans le boxing système. Je marche à l’affectif. Alain Pahon n’est pas du même acabit que Marcel Giordanella, qui a formé des champions du monde, mais je sais que je peux lui faire entière confiance. Quand j’arrêterai ma carrière, ce qui va me rester, ce sont les relations que j’aurai nouées !

C’est Bilel Latrèche Promotions qui organise la soirée ?

J’accompagne Gérard Chabert, président de la ligue de Franche-Comté, et Alain Pahon, pour l’organisation. Je donne mon avis pour ne pas laisser les mains libres à des gens dont le but serait de placer leurs boxeurs ou d’agir dans l’intérêt de leur club et qui ne joueraient pas le jeu par rapport à nous.

Ce gala suscite moins de ferveur qu’en 2015. Le regrettez-vous ?

J’ai mis les mêmes moyens et on attend autant de monde. On a le soutien de nombreux partenaires et je reçois beaucoup de sollicitations de gens qui suivent ce qu’on fait.

Le sentiment que vous recherchez moins l’exposition médiatique est peut-être lié à votre mission de médiation sociale et prévention spécialisée pour la Ville de Dole ?

Je n’exerce plus mon activité de prévention de la violence, thérapie de vie sociale, coordination des équipes éducatives… en libéral qu’à l’extérieur de Dole. Quand j’interviens sur Dole, je ne veux pas en faire trop, pour ne pas être réduit au statut du champion qui accomplit une mission. Le champion, c’est l’accroche, mais je suis d’abord un professionnel, avec des compétences qui vient pour soigner des maux, apaiser des souffrances et aider des gens à réussir.

Tarifs : 10 €, 20 € et 30 € selon le choix de la catégorie. Réservations : 03 84 72 11 22 – www.sortiradole.fr.

39100 Dole

Benoit Ingelaere

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