Villard-Saint-Sauveur Au Retour de la chasse : Gérard Vuillermoz prendra sa retraite dimanche prochain

Faute de repreneur, l'hôtel-restaurant va fermer ses portes. Avant cela, le maître des lieux a reçu la « Poêle d’or » 2017.

Publié le : 29/04/2017 à 11:49
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Anny et Gérard Vuillermoz entourés de leurs invités surprise

Lundi, Gérard Vuillermoz était prévenu qu’il devait préparer un repas pour un groupe de Suisses qui devait arriver pour le repas du soir au Retour de la chasse…. En vérité, une surprise lui a été réservée à l’initiative d’André Janet, de plusieurs collègues restaurateurs, de membres de plusieurs clubs, de proches et de son épouse Anny. Croyant accueillir ses clients helvétiques, le restaurateur a reçu avec émotion tout ce sympathique groupe constitué.

C’est Patrick Franchini, président de l’UMIH39 (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie du Jura) qui a pris la parole au nom de tous pour rappeler la carrière de leur ami commun. « Voici que touche à sa fin une belle histoire et une longue carrière professionnelle. C’est une page qui se tourne pour laisser la place à une retraite bien méritée », a-t-il déclaré en préambule.

“Le Retour de la chasse” était né

« Cette belle aventure débuta sur ces lieux, il y a plusieurs décennies. Tout d’abord avec la famille Dalloz, les grands-parents d’Anny, qui exploitaient la ferme et un petit café comme cela se faisait à l’époque. Et pour leur succéder, les parents d’Anny, Monique et André, après leur mariage en 1947, y ont ajouté l’activité de restauration vers les années 1950. Un besoin d’hébergement se faisant sentir sur le secteur, ils ont créé des chambres au début de l’année 1962. L’hôtel fut classé 1 étoile en 1967, l’hôtel-restaurant de Villard-Saint-Sauveur Au Retour de la chasse était né ». Quant à Anny, fille des exploitants, attachée à la maison familiale et sensibilisée par le métier, elle est partie se former au lycée hôtelier de Bellegarde.

« Et pendant ce temps-là, il y a tout juste 70 ans, naissait un certain Gérard Vuillermoz. Après une scolarité studieuse, tu as intégré l’école hôtelière de Luxueil-les-bains en 1964, avant de partir travailler à Saint-Tropez comme cuisinier. L’appel de la montagne s’est fait ressentir et tu es rentré au pays pour prendre la gérance de l’établissement de ta tante à La Pesse : l’hôtel Burdet ». Le 29 avril 1972 Gérard et Anny se sont mariés. Quelques années plus tard, Cyril et Aurélie sont venus compléter la famille.

« En 1973, avec Anny, tu décides de reprendre la maison familiale. Vous compléterez la transformation de l’établissement en hôtel où sur la façade brillent les étoiles. La notoriété de l’endroit, conforté par ta cuisine, généreuse, goûteuse, et de grande qualité par le choix de tes produits, attirera les industriels de toute la vallée de l’Ain, les épicuriens se donnent rendez- vous, les clubs de Saint- Claude y tiennent leur siège, les guides gastronomiques ne se trompent pas, c’est ici qu’il faut venir… ».

Homme de terrain, passionné par la transmission des savoirs, Gérard Vuillermoz a créé la Jeune Chambre Economique de Saint-Claude, puis le club service le Kiwanis. Il a également été membre de la chambre du commerce et des Prud’hommes. « Ta carrière professionnelle ne serait pas complète sans ton investissement pour les autres à travers notre organisation professionnelle ». De nombreuses distinctions lui ont également été attribuées : médaille du tourisme, membre de la confrérie des chevaliers du Tastevin et du club gastronomique Prosper Montagné, lauréat des logis de France de la finale nationale de la cuisine du terroir…

La Poêle d’or 2017

Patrick Franchini a aussi tenu à souligner le rôle essentiel d’Anny Vuillermoz. « Car femme de restaurateur n’est pas un emploi fictif ! Elle a toujours été à tes côtés, faisant le tampon entre les clients et la cuisine, à l’accueil, sans oublier son rôle de maman ». Pour marquer cet instant particulier, Gérard Vuillermoz a reçu la « Poêle d’or 2017 » ainsi que de nombreux cadeaux. Après avoir partagé l’apéritif avec ses invités surprise, le chef a dû rejoindre pendant quelque temps ses fourneaux pour peaufiner le repas.

Dimanche prochain, sonnera l’heure de la retraite, mais le principal intéressé laisse à penser qu’il aurait quelques idées derrière la tête !

39200 Villard-Saint-Sauveur

Monique Henriet

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